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L'omniprésence du sexe

Posté : 25 jui 2020 13:06
par Envolée
Bonjour,

Je suis toute nouvelle et j'ai besoin de partager mon agacement du jour (ou des derniers jours/mois/années).
Je suis une jeune (si si :D ) femme bisexuelle, avec un appétit sexuel plutôt important.
J'ai également de nombreux fantasmes, que j'assouvis si l'occasion m'en est donnée.

Mais, au-delà de cet aspect, une chose m'a toujours tenue à cœur, c'est la discrétion.
Peu de personnes de mon entourage connaissent ma bisexualité, et encore moins mon côté volage. Et c'est une chose à laquelle je tiens beaucoup. Résultat, j'ai plutôt l'image de la femme réservée et timide et ça me va bien.

J'en viens au fait. A contrario, j'ai beaucoup de mal avec les conversations graveleuses, les blagues de mauvais goût que l'on voit passer à longueur de journée sur les réseaux sociaux ou envoyés par nos amis.
Dans un apéro ou repas de groupe, lorsque la conversation dérive, je suis mal à l'aise. Il n'y a rien à faire, ça ne me fait pas rire.
Mais lorsque je suis dans un milieu libertin, avec des amis ou en club/sauna, je n'ai aucune gêne à partager mes expériences.

Comme si j'avais le besoin de laisser le sexe à sa place. Enfin je ne sais pas, j'ai tendance à comparer les personnes que je qualifierais de "lourdes" à des personnes frustrées.
Je ne sais comment expliquer que je n'ai pas envie d'être aveuglée par le sexe du matin au soir. Parfois je pense qu'il faudrait une sorte de consentement à l'étalage et l'hypersexualisation que l'on voit partout.

Re: L'omniprésence du sexe

Posté : 25 jui 2020 13:34
par Biscuit
C'est pas ceux qui en parlent le moins qui en font le plus ?

Je comprends un peu ta position. J'ai quelques collègues un peu relous sur le sexe et qui semblent aimer étaler leurs prétendues expériences. A côté de ça je reste assez discret sur les miennes, à part lorsque j'ai envie d'en parler, ce qui ne se fait qu'en privé, avec généralement une seule personne à la fois, choisie, qui se prête à ce genre de confidences.

Comme toi j'ai de fait une image assez sage, à part pour ceux qui me connaissent un peu plus, et encore, ils ne savent pas tout !

Re: L'omniprésence du sexe

Posté : 25 jui 2020 13:40
par Pablobi
Je vois exactement ce dont tu veux parler. Mes amis ont le bon goût de ne pas être obsédés par le sexe.

Mais évidemment je rencontre d'autres personnes. Je déteste ce jeu de postures, les injonctions virilistes, les fantasmes à voix haute. Ça me mets terriblement mal à l'aise. Puis encore il y a quelques jours, les réflexions homophobes qui se glissent ici ou là.

Plus que le sujet, c'est surtout leur vision des choses dans laquelle je me reconnais pas. Et que je trouve même violente.

Et puis je sais pas, c'est intime

Re: L'omniprésence du sexe

Posté : 25 jui 2020 14:11
par TiProust
Envolée a écrit :
il y a 3 mois
Bonjour,

...

J'en viens au fait. A contrario, j'ai beaucoup de mal avec les conversations graveleuses, les blagues de mauvais goût que l'on voit passer à longueur de journée sur les réseaux sociaux ou envoyés par nos amis.
Dans un apéro ou repas de groupe, lorsque la conversation dérive, je suis mal à l'aise. Il n'y a rien à faire, ça ne me fait pas rire.
...
l'humour "collectif" est un art très difficile et je vois assez bien ce que tu veux dire. Si ajoute le fait que le rire est un exutoire, parfois, de ce qui fait peur, et nous savons que le sexe, au final, fait peur.

ça m'est arrivé bien des fois de serrer les dents (et dans tous les milieux : familial, professionnel, "loisir") quand la conversation, faute de sujet plus intéressant commençait à s'embarquer sur "les pédés et les gouines" (cf le film qui a pas si mal vieilli que ça "Gazon maudit" , la scène au restau avec T. Holgado :wink: )

Et comme dit Biscuit (ou presque) "Grand diseux petit faiseux" :twisted:

Re: L'omniprésence du sexe

Posté : 25 jui 2020 14:41
par Envolée
Merci pour vos retours :)

Je suis d'accord sur l'adage "Grand diseux petit faiseux". Mais à la rigueur c'est même pas le problème. Nous n'avons pas tous.tes les mêmes envies, besoins et cela peut varier en fonction des périodes. C'est vraiment l'étalage qui n'a rien à faire là quand tu manges ta pizza ou que tu bois ton café.

Je rejoins Pablobi sur les injonctions. C'est certain que ce genre de situation arrive lorsque je suis dans un milieu plutôt hétéro masculin. En gros, si tu veux être un vrai homme faut parler de sexe vulgairement. C'est spécial comme vision des choses. Après je n'inclus pas tous les hommes hétéros là-dedans, bien au contraire.

Jusqu'ici j'ai jamais été mal à l'aise dans une conversation sur l'orientation sexuelle. Avant même de me savoir bisexuelle, j'ai toujours trouvé normal chaque façon de vivre sa sexualité. Et je montais déjà au créneau lors des critiques. Du coup, les gens qui me connaissent évitent d'aborder le sujet au risque de me voir devenir furax.
Mais voilà, sauf si quelqu'un.e veut se confier à moi sur un sujet dans un lieu et contexte bien défini, en dehors je ne veux juste pas savoir.

Re: L'omniprésence du sexe

Posté : 17 jui 2020 22:01
par choupinet
Je suis d' accord pour trouver gênant voir malsaine cette hypersexualisation constante que l'on vois partout dans notre société

le Système, les médias y participent : par exemple je trouve gênant que dans des talk show grand public soit invités des porn stars comme on dit comme par exemple Clara Morgane ou Rocco Sifredi
comme ces pseudos vedettes de la tv réalité qui sont starifiées cela releve du même processus c'est un relativisme permanent
on invite une star du porno, un star de la tv réalité, un prix Goncourt, un politicien indifférement des fois ces starlettes de tv réalité font du porno même la boucle est bouclée
on se moque que les américains soient prudes à la tv US il est interdit de montrer un sein par exemple mais je trouve ca plus sain de même qu il faut interdire l' accés au porno pour les mineurs
pourtant je regarde du porno mais sans pour autant l' interdire : ce monde du porno doit rester secret

Re: L'omniprésence du sexe

Posté : 24 jui 2020 16:49
par Frida
Moi aussi ça me met mal à l'aise ; je pense que c'est un mélange de présupposés sociétaux et de mes propres insécurités. Mon intérêt sexuel est très fluctuant, parfois il est élevé, parfois il est quasi-nul en fonction de mon humeur, du contexte, des personnes qui m'entourent. Et puis parfois parler de sexe me stresse, aussi (comme l'a dit TiProust, le sexe, c'est quelque-chose qui fait peur en fin de compte). Alors, quand on en parle autour de moi de façon obsessionnelle et/ou graveleuse, j'ai peur, pas envie d'en parler, je me dis que je vais encore passer pour une "meuf chelou", déjà que les gens me trouvent un peu originale (pas toujours dans le bon sens du terme). Et puis, c'est pas sympa pour les autres, aussi. Certaines personnes peuvent se sentir exclues à cause d'un "manque d'expérience" ou d'une orientation sexuelle qui sort de la norme. En même temps, ces conversations sur le sexe sont bien souvent hétérocentrées, assez souvent sexistes, bref, porteuses de tous les présupposés un peu puants de notre chère société. Mais bon, j'aime beaucoup quand mes ami.e.s LGBT+ viennent s'immiscer dans la conversation pour mettre leur grain de sel, un jour j'aurai autant de courage qu'eux. :)

Sinon, je parle très volontiers de relations libres/polyamour/anarchie relationnelle ou de certains sujets sexuels (sur un plan plus théorique) avec des personnes que je ne connais pas ou seulement très peu (mais plutôt de mon âge, quand-même, ou du moins pas plus âgé.e.s que la trentaine), parce que je pense qu'il est important de libérer la parole sur ces sujets. Jusqu'à présent j'ai eu droit à de la curiosité et à des réactions plutôt positives - le sujet des modèles de relations fait réfléchir en tout cas.

Re: L'omniprésence du sexe

Posté : 27 jui 2020 12:19
par Envolée
Je te rejoins Frida, les remarques sont plus souvent sexistes et hétérocentrées.

Je pense aussi que parfois, je me referme par peur que les autres découvrent qui je suis réellement.
Le côté graveleux m'insupporte, j'ai l'impression d'être un objet lorsque quelqu'un pense que mon corps est à disposition de ses fantasmes.

Re: L'omniprésence du sexe

Posté : 27 jui 2020 16:56
par Pablobi
Envolée a écrit :
il y a 2 mois
Je pense aussi que parfois, je me referme par peur que les autres découvrent qui je suis réellement.

Ça je comprends parfaitement. Des fois, je me dis que si je me mêlais activement de certaines discussions, j'aurais plein de choses à raconter ^^

Mais surtout, le fait de se dévoiler, dans une société avec une pression normative hétéro, c'est finir par être vu par le prisme de la sexualité, et donc, c'est encore pire.

Re: L'omniprésence du sexe

Posté : 30 aou 2020 09:47
par Ascagne
Envolée a écrit :
il y a 3 mois
Je rejoins Pablobi sur les injonctions. C'est certain que ce genre de situation arrive lorsque je suis dans un milieu plutôt hétéro masculin. En gros, si tu veux être un vrai homme faut parler de sexe vulgairement. C'est spécial comme vision des choses. Après je n'inclus pas tous les hommes hétéros là-dedans, bien au contraire.
J'ai eu la chance de ne pas connaître souvent ce type de collègue lourdingue... mais quand j'en ai côtoyé, je me suis senti moi aussi très mal à l'aise, y compris en tant qu'homme. Je n'aime pas les blagues graveleuses et, souvent, c'est limite toxique comme type de relation à l'autre (je pense à un collègue qui faisait tout le temps des blagues où il sous-entendait des avances sexuelles à des collègues - toujours féminines, curieusement - et même pour rire, ça finissait par être embarrassant ; le pire étant qu'en dehors de ce travers, c'était un collègue compétent et attentionné).

Je dois dire tout de même qu'il m'est aussi arrivé d'être mal à l'aise dans ce domaine lors de réunions associatives dans des associations LGBT ou d'IRL de forums LGBT. C'était un humour différent, qui ne me paraissait pas toxique, parce qu'il n'y avait pas ce type de "blagues" consistant en des avances sexuelles aux autres. Mais il y avait beaucoup de blagues de cul, et quelqu'un de moins à l'aise que moi dans ce domaine aurait fini par fuir assez vite. Dommage pour des associations qui accueillent régulièrement pour la première fois des gens qui, justement, se découvrent tout juste homos, bi ou trans, et qui n'ont pas toujours la confiance en eux nécessaire pour en rire en groupe (déjà que ça demande de gros efforts de passer la porte d'une association, réunion ou IRL pour parler d'un sujet aussi intime que la sexualité avec de parfait-e-s inconnu-e-s...).
Cela étant dit, ce type de rire peut aussi s'avérer libérateur pour certaines personnes que cela va aider à prendre du recul envers le sujet et à dédramatiser. Je crois juste que ce serait mieux que les gens qui encadrent ce type d'association soient plus au fait des effets ambivalents de ce type d'humour.

Pour en revenir aux blagues graveleuses au travail, tu as tout à fait raison de dire que le problème vient avant tout d'une certaine approche du sujet, qui a tendance à être vulgaire et salissante. Je crois que ça en dit long sur la relation des personnes qui en parlent de cette façon avec leur propre sexualité. Une personne qui n'est capable de parler de sexe que de cette manière ne me fait pas l'effet d'une personne véritablement à l'aise avec le sujet. Au contraire, on devrait pouvoir parler de sexualité de manière sérieuse et posée. Il y a un certain manque de maturité à continuer à faire des blagues graveleuses à 30, 40 ans ou plus : ça me donne l'impression que la personne n'a toujours pas surmonté sa puberté, plusieurs décennies après. C'est bon, on est grands, là...
choupinet a écrit :
il y a 2 mois
les médias y participent : par exemple je trouve gênant que dans des talk show grand public soit invités des porn stars comme on dit comme par exemple Clara Morgane ou Rocco Sifredi
comme ces pseudos vedettes de la tv réalité qui sont starifiées cela releve du même processus c'est un relativisme permanent
on invite une star du porno, un star de la tv réalité, un prix Goncourt, un politicien indifférement des fois ces starlettes de tv réalité font du porno même la boucle est bouclée
Là, c'est plus un problème général de certains médias qui recherchent le public à tout prix et font venir des célébrités créées et entretenues artificiellement, en dehors de tout lien avec leur degré de compétence réel.
choupinet a écrit :
il y a 2 mois
on se moque que les américains soient prudes à la tv US il est interdit de montrer un sein par exemple mais je trouve ca plus sain de même qu il faut interdire l' accés au porno pour les mineurs
Alors, pour rappel, l'accès du porno aux mineurs est déjà interdit en France :)
Tu devrais te méfier de la morale américaine en matière de sexe : elle n'a rien d'idéal et n'a vraiment rien à nous apprendre. Elle est pétrie de contradictions et d'hypocrisies patentes, poussées à un degré rarement atteint dans le monde.
Comme tu le dis, il est impossible de montrer un téton à la télé, mais aussi au cinéma. Sauf que c'est interdit hors de toute prise en compte du contexte. Idem avec la "nudité frontale". Par exemple, Michel Ocelot, le réalisateur de Kirikou et la sorcière, met en scène un village ouest-africain où les gens ne sont vêtus que de pagnes et où les enfants sont tout nus. C'est réaliste et cette nudité n'est absolument pas sexualisée. Eh bien, les majors américaines ont exigé qu'il ajoute un slip à Kirikou et des soutien-gorges aux femmes, ce qui serait revenu à flanquer par terre toute sa démarche de respect de la culture locale. Il a refusé, mais il a dû faire diffuser le film sans classification "tous publics", ce qui lui donnait des allures sulfureuses alors que ce sont les majors et les instances de classification des films aux Etats-Unis qui sont prudes à un point insupportable.
Autre exemple : dans le film Pirates des Caraïbes IV : la fontaine de jouvence, il y a une scène où des dizaines de sirènes, seins nus, attaquent un navire. Eh bien, en cinq bonnes minutes, on ne voit pas un seul téton de sirène et pas un seul sein. Vous pensez, des poitrines de femmes avec des seins qui remuent, ce serait trop sexuel ! Ça m'a complètement sorti du film. Soit on ne fait pas de scène à connotations érotiques (et dans ce cas, on évite de faire attaquer un navire par des sirènes), soit on le fait et on montre réellement les personnages. Là, j'avais l'impression d'être devant un film hollywoodien de la période de la censure, il y a bien 50 ans, quand il fallait toujours des feuilles de vigne ou des changements de scène pour cacher tout ce qui dérangeait les censeurs. Franchement...
Et le pire, c'est qu'à côté de ça, l'industrie du porno aux Etats-Unis tourne à plein. Sans parler de la violence ahurissante qui irrigue toute cette société.
choupinet a écrit :
il y a 2 mois
pourtant je regarde du porno mais sans pour autant l' interdire : ce monde du porno doit rester secret
Que veux-tu dire par "secret" ? Si tu veux dire qu'il ne faut pas y exposer les enfants, je suis d'accord. En revanche, je trouve indispensable de parler aux adolescents du porno, pour leur enseigner la différence entre la vraie sexualité, l'érotisme et la pornographie, qui sont trois choses bien distinctes. On ne peut pas s'épanouir dans sa sexualité si on confond le porno avec les vrais rapports sexuels.

Et c'est tout aussi important de parler aux gens - ados et adultes - des gros problèmes que pose l'argent du porno. Le porno brasse des quantités d'argent énorme et, en enquêtant dessus, des journalistes de documentaires ont montré qu'on ne sait souvent pas où part cet argent. Et tout ça n'est souvent pas très légal. Or, vu les masses d'argent en question, c'est un enjeu économique, social et politique crucial.

Re: L'omniprésence du sexe

Posté : 30 aou 2020 14:42
par TiProust
Ascagne a écrit :
il y a 1 mois
...
Autre exemple : dans le film Pirates des Caraïbes IV : la fontaine de jouvence, il y a une scène où des dizaines de sirènes, seins nus, attaquent un navire. Eh bien, en cinq bonnes minutes, on ne voit pas un seul téton de sirène et pas un seul sein. Vous pensez, des poitrines de femmes avec des seins qui remuent, ce serait trop sexuel ! Ça m'a complètement sorti du film. Soit on ne fait pas de scène à connotations érotiques (et dans ce cas, on évite de faire attaquer un navire par des sirènes), soit on le fait et on montre réellement les personnages. Là, j'avais l'impression d'être devant un film hollywoodien de la période de la censure, il y a bien 50 ans, quand il fallait toujours des feuilles de vigne ou des changements de scène pour cacher tout ce qui dérangeait les censeurs. Franchement...
Et le pire, c'est qu'à côté de ça, l'industrie du porno aux Etats-Unis tourne à plein. Sans parler de la violence ahurissante qui irrigue toute cette société.

...
:mdr: là tu m'as carrément donné envie de le voir, du coup. Ca doit être une sacrée prouesse technique d'avoir masqué tous ces charmes!

Ta dernière remarque est très pertinente : une grosse part des "usines" à porno se situent en Californie (j'imagine pour des raisons juridiques).

Et, pour ceux qui suivent l'actu américaine, la démission fracassante d'un très fréquentable et très pieux soutien de D. Donald Trump de son poste de directeur d'une université privée dont le règlement intérieur proscrit toute relation sexuelle entre jeunes m'a bien fait rigoler. Le pauvre s'est fait surprendre après avoir publié une vidéo privée où on le voit avec le pantalon baissé en compagnie d'une femme qui se trouvait ne pas être la sienne. Le monde est cruel :twisted: