Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Vos états d'âme, vos coups de gueule, vos révélations...
Jean-René
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Jean-René » 4 années plus tôt

Si Vigix a raison, si le mouvement actuel de l’économie mondiale ne peut qu’améliorer la situation des Français en matière de santé, d’habitat et d’éducation, il n’y a pas à s’inquiéter et encore moins à parler d’une guerre contre un quelconque ennemi.

Mais si on s’inquiète de la destruction progressive, depuis 70 ans, des acquis du Conseil National de la Résistance en matière de santé et d’éducation, alors, on est en droit de se demander où est l’ennemi et quelle est la guerre qu’il nous mène.

Cet ennemi, c’est l’armée, française autant qu’internationale, de ceux qui ne sont animés que par un objectif : « faire toujours plus de fric ». Je ne dis pas « essayer de survivre », je dis « alors qu’on assez d’argent pour vivre dignement, essayer d’en avoir encore plus et ne pas hésiter, pour ce faire, à enfoncer ceux qui sont déjà près de se noyer ».

C’est le comportement des patrons français qui délocalisent pour augmenter leurs profits (et qu’on ne me dise pas que c’est dans un souci de donner à manger aux étrangers qui ont faim !).

C’est le comportement des banques françaises qui préfèrent placer l’argent que leur ont confié les épargnants, dans des placements spéculatifs, voire toxiques, plutôt que de l’investir dans les entreprises (en commençant par les très petites).

C’est le comportement scandaleux d’ingénieurs sortant des plus grandes écoles qui, plutôt que de mettre le savoir à l’acquisition duquel les contribuables ont apporté leur part, au service de l’économie (française de préférence), vont se vendre comme des putasses pour devenir traders auprès des banques internationales.

L’ennemi auquel il faut résister, c’est le slogan « toujours plus, même si on a déjà assez pour vivre ».

Pour y résister, il faut valoriser, non pas l’acquisition effrénée de biens de consommation mais une vie au confort modeste enrichie par une vie culturelle et, si possible, artistique, ainsi que par des activités qui visent à augmenter le bonheur de tous, à commencer par le bonheur de ceux qui sont en souffrance.

On est loin, très loin, des valeurs que nous propose l’ultralibéralisme qui a pris possession de la majorité des média.

Ceux que j’accuse de « fuir » au lieu de rester au pays pour promouvoir cet esprit de résistance, ne sont bien évidemment pas ceux qui quittent leur pays parce qu’ils y crèvent la faim, ce sont ceux qui ont déjà le ventre plein et qui fuient leurs responsabilités en quittant leur pays afin de s’engraisser encore.
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar vigix » 4 années plus tôt

tictac a écrit :Pour ce qui est de la limite des 20 Milliards de Francs, en 30 ans, tout augmentant, le plafond aurait sûrement augmenté, ainsi qu'au passage à l'euro. Après ce n'est que spéculation. Pour le taux à 0.5%, ils pourraient ne pas avoir le choix. L'Etat n'est pas là pour être au service des banques, elles ont le droit de se faire de l'argent avec les marchés nationaux, d'investir sur le territoire, tandis que l'Etat n'étant encore une fois ni une entreprise, ni une tirelire, il est en droit d'avoir un traitement de faveur. Et tu ne peux pas dire le contraire au sujet des 600 Milliards de notre dette actuelle imputable aux intérêts, c'est une vérité. C'est un véritable racket, quoiqu'on en dise.

A vrai dire c'est même beaucoup plus que ça...
En même temps quand on fixe une règle du jeux, si c'est pour ne pas la suivre à quoi ça sert? Si nos gouvernants avaient géré le pays correctement et "en bon père de famille" le sujet ne se poserait pas...
tictac a écrit :Je crois que tu as compris, que je ne suis pas d'accord avec toi sur un sentiment de bienveillance à l'égard de la Banque de France, ou la Banque Centrale Européenne indépendantes. Pour moi ces banques ne sont pas là pour faire du business, elles sont là, l'une pour l'Etat français, l'autre pour les Etats européens. Les profits ne doivent pas passer devant l'Etat, dans la mesure où l'Etat c'est nous, qu'il est notre seul garant, notre seule protection tant qu'il reste démocratique, ces Milliards d'intérêts c'est nous qui les devons aux banques. Ce n'est pas normal de prendre la vie de millions d'individus d'une nation en otage, pour une histoire d'intérêts financiers.

Les banques centrales ne sont pas là pour faire du business, elles sont la pour assurer la stabilité de la monnaie et du système bancaire, le cas échéant calmé les ardeurs des spéculateurs et contrôler l'inflation (qui peut être préjudiciable à tous).
Les banques commerciales (les grandes enseignes) elles sont là en partie pour faire du business (en ce moment c'est même surtout ça...malheureusement).
tictac a écrit : Mais là encore nos avis divergent, pour moi l'argent doit passer après l'intérêt des populations, et le privé peut exister, à partir du moment où tous les services de bases, soins médicaux, sécurité sociale, transports publics, eau potable, électricité, éducation, police, gaz, soient des secteurs majoritairement publics. Car on ne peut laisser entièrement une nation entre les mains d'actionnaires, d'entreprises privés, on ne peut et on ne doit pas leur faire confiance pour cela, ce n'est pas leur rôle. Tous les secteurs que je viens de mentionner sont des droits élémentaires, auquel chaque citoyen à le droit, peu importe le montant de ses revenus. Donc je suis évidemment contre la privatisation de la sécurité sociale, et des retraites. Cf, ce que j'ai déjà écrit sur les Etats-Unis comme conséquences.

Je ne suis pas un grand fan du système US, je ne suis pas ulta-libéral, juste libéral ; je ne dis pas non plus qu'il faut passer tout dans le privé mais qu'il y'a un juste équilibre à trouver entre les deux de manière à assurer une protection des plus modestes et à ne pas étouffer comme actuellement la grande majorité des acteurs économiques (particuliers et entreprises). Ludmina a d'ailleurs totalement parfaitement brosser le tableau de ce que j'imagine et je souhaite pour la sécu.
tictac a écrit :Je ne crois pas à la réussite économique, pour continuer (car ça a été le cas, mais c'est révolu) à faire progresser l'Humanité. Je crois à l'ère de l'humanisme, après celle bien consommée du capitalisme, qui a fait ses preuves, merci bien, il est temps de passer son tour. Je crois aux idéaux, et en ceux qui croient en eux, car quand on regarde l'Histoire, les plus grands progrès des avancées humanistes, ont été poussées par des idéalistes. Il n'y a que ceux qui croient qu'ils peuvent changer les choses, qui les changent. Je ne crois pas aux cyniques, aux désabusés et aux pessimistes, car eux aussi, je pense qu'ils ont fait leur temps. Leur "pragmatisme" supposé, aussi glacial que leur empathie, a clairement montré ses limites, très limitées justement.

Notre divergence n'est pas dans la connaissance des faits, elle se trouve dans l'interprétation que l'on en fait. Nous n'avons pas la même vision de l'issue de notre situation actuelle, nous voulons tous deux des réformes, mais pas aux mêmes endroits. Le temps répondra d'avantage à nos questions, que tous nos arguments. En attendant, appliquons-nous à être sincère avec nous-mêmes, et cohérents dans nos actions.

Je suis d'accord.
tictac a écrit :Détrompe-toi pour le sourire dans le métro, la plupart du temps les gens te le rendent. Je ne parle évidement pas d'une banane figée et presque inquiétante, je parle d'un sourire discret, simplement courtois. Et le simple fait d'avoir un visage avenant, les gens te le rendent aussi en général. Puis je ne suis pas le seul, en fait il y a pas mal de gens avenants dans le métro parigot, il suffit de s'ouvrir un peu pour les voir :lol: . Mais là encore, il faut pour cela voir le verre à moitié plein, plutôt qu'à moitié vide, ça part de la même réalité, mais ça change tout.

Du reste, je vais m'arrêter là, car tu m'as déjà fait remarquer délicatement que je fais des pavés. 8)

Je suis trop expressif en la matière :twisted:
Meuhhhh j'aime bien tes pavés :)
LudmiA a écrit :PPS : je suis également pour que l'éducation soit payante - sans payer des mille et des cents comme au USA - mais encore une fois, indexée sur le quotient familial, avec une totale gratuité pour toute famille dont le quotient familial est inférieur au seuil de pauvreté, et augmentant à mesure que le quotient augmente.

Je suis totalement d'accord avec ce que tu as décris pour la sécu, mais là à 200%. Par contre pour l'éducation payante (hors du fait qu'on la paye déjà par nos impôts / Jean René si me lis :wink: ), j'y mets un bémol car pour moi elle doit rester accessible à tous, que les enfants soient issus de milieu modeste ou aisé, c'est une des premières pierres pour s'en sortir dans la vie. Même des gens disposant de moyens financiers aisés peuvent ne pas pouvoir financer les études des gosses, voir même pour certain ne veulent purement pas les financer.
LudmiA a écrit :et nous n'avons pas le droit de vendre nos œuvres nous-même

Encore un truc à libéraliser ^^
Tu sais historiquement qui à pondu cette interdiction? contexte?
Jean-René a écrit :Si Vigix a raison, si le mouvement actuel de l’économie mondiale ne peut qu’améliorer la situation des Français en matière de santé, d’habitat et d’éducation, il n’y a pas à s’inquiéter et encore moins à parler d’une guerre contre un quelconque ennemi.

Non, non, ce n'est pas ce que j'ai dis ou voulu dire... de manière mondiale la situation de pauvreté tend à s'améliorer, malheureusement on assiste à un nivellement par le bas en France parce qu'on est incapable d'une part d'adapter notre système pour faire face et d'autre part de trouver ou mettre en place des solutions permettant de ne pas se retrouver en confrontation directe avec les émergents. (Ex : production de textile partie en Asie ; peu d'entreprises sont montées en gamme ou ont innovées en la matière)
Jean-René a écrit :et qu’on ne me dise pas que c’est dans un souci de donner à manger aux étrangers qui ont faim !).

Ce n'est pas ce qui a été dit :)
Jean-René a écrit :C’est le comportement des banques françaises qui préfèrent placer l’argent que leur ont confié les épargnants, dans des placements spéculatifs, voire toxiques, plutôt que de l’investir dans les entreprises (en commençant par les très petites).

Les placements toxiques ont été des créances accordées justement par les banques à destination des particuliers pour acheter leurs maisons (dans une moindre mesure à des entreprises)... la crise de 2008 est partie de là (et des USA). Si une banque refuse un prêt (et que le banquier n'est pas trop con) c'est qu'il y'a un risque généralement important de non remboursement... si les banques ouvrent les vannes à fond à tout va on peut arriver dans la situation qui a conduit à la crise de 2008. Après actuellement il est vrai qu'elles hésitent à prêter (pour ça que la BCE vient de passer son taux directeur des dépôts en territoire négatif), mais d'un autre côté les Etats suite à la crise ont imposé aux banques des critères d'octroi de prêt renforcés (Balle III)... on ne peut pas mettre tout sur le dos des banques, c'est un bouc émissaire trop facile.
Les placements spéculatifs sont bien généralement des investissements en actions, donc c'est de l'argent qui va directement dans les caisses des entreprises (et pas que celles du CAC40)... je pense entre autre à la société Carmat (coeur artificiel)
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Chanterelle » 4 années plus tôt

Les miséreux de France ont malheureusement une bonne raisons de se tourner vers les extrêmes en politique : ni les dirigeants, ni l'Etat, ni les fortunes, ni les classes moyennes et sup' ne se préoccupent d'eux.
Ayant été de ce côté là de la barrière, je sais que les classes moyennes et sup peuvent se permettre de payer impôts et cotisations de solidarité sans avoir peur du lendemain, même si du fait de la Crise et d'une certaine précarisation de l'emploi cette situation s'est partiellement dégradée.
Je sais aussi que nombre de personnes dans ces classes là sont rarement, voire jamais, malades. Et je pense, comme Vigix, qu'il faudrait que leurs frais de santé dépendent de Mutuelles privées à 100% au lieu d'une Secu d’État.


Oui Ludmia, tu répètes, tu dis, tu t'évertues à nous expliquer à nous.
Pourtant, ce n'est pas en répétant "je sais que" et "moi j'ai la légitimité pour le faire" ou en extrapolant à partir de ton vécu que tu réussiras à me convaincre.
Tu sembles confondre la politique sociale et la politique fiscale.
Tu veux supprimer les cotisations sociales (maladie, invalidité, prévoyance, allocations familiales) et faire payer ceux qui gagnent plus que le Smic, ces fameuses classes moyennes que tu n'arrêtes pas de fustiger.
Mais où commencent-elles ?
Tu écris qq part que ce sont la majorité de nos concitoyens. Mais la moitié de nos concitoyens ne paient pas d'impôts, la moitié ne part pas en vacances !
Alors à partir de quel revenu serait-on tellement privilégié qu'on pourrait cotiser soi-même ?
Le Smic ?!

Je me considère comme faisant partie de la classe moyenne. Il y a 10 ans, ça oui, avec 2 jeunes enfants, 2 salaires et des frais de garde, j'étais à l'aise.
Aujourd'hui, toujours avec 2 salaires, on galère.

Sinon, une pension d'invalidité, des IJSS ou les allocations familiales sont ce que l'on appelle des "revenus différés", c'est à dire que pour en bénéficier tu as cotisé et tu remplis des conditions d'affiliation. Un genre de pot commun, une assurance.

Si ce ne sont que les moins aisés qui y cotisent et qui en bénéficient et que les classes moyennes et bien portantes (n'importe quoi au passage : la maladie et le handicap < cancer, altzheimer, autisme, accidents... > frappe tous les milieux) cotisent au privé, comment cette cagnotte sera t elle alimentée ?
Les nantis (salariés) cotisent au pro rata de leurs revenus et s'ils ont la bonne idée de ne pas être malades, leurs cotisations profiteront à d'autres.
C'est le principe de solidarité.
Suis-je la seule à y tenir ?
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar LudmiA » 4 années plus tôt

Chanterelle a écrit :Oui Ludmia, tu répètes, tu dis, tu t'évertues à nous expliquer à nous.
Pourtant, ce n'est pas en répétant "je sais que" et "moi j'ai la légitimité pour le faire" ou en extrapolant à partir de ton vécu que tu réussiras à me convaincre.

Dommage de commencer avec agressivité... :|

Chanterelle a écrit :Tu veux supprimer les cotisations sociales (maladie, invalidité, prévoyance, allocations familiales) et faire payer ceux qui gagnent plus que le Smic, ces fameuses classes moyennes que tu n'arrêtes pas de fustiger.

Je ne veux pas supprimer les cotisations sociales pour tous, mais juste pour les non-salariés en dessous d'un certain seuil (forcément plus haut que le SMIC puisque le fait d'être non-salarié entraine de facto une grande précarité), et les travailleurs pauvres, à savoir les gens qui gagnent moins que le seuil de pauvreté (entre 800 et 950€ par mois).
(et c'est mal me lire que de dire que je fustige les classes moyennes et sup'!! O_o Je dis juste qu'ils ont plus de sécurité que les pauvres, qu'ils sont la majorité des français, et qu'ils peuvent se permettre des choses que les minorités pauvres ne peuvent pas)

Ce dont je parle, quand je parle de personnes en difficulté du fait des cotisations et charges diverses imposées par l’État, ce n'est pas d'avoir du mal à joindre les deux bouts en fin de mois et de ne pas souvent prendre de vacances, mais de se retrouver avec d'énormes découverts parce que tu dois payer des charges sociales sur des revenus qui ne te permettent déjà pas vraiment de payer tes charges habituelles, logement, nourriture, etc.

Chanterelle a écrit :Je me considère comme faisant partie de la classe moyenne. Il y a 10 ans, ça oui, avec 2 jeunes enfants, 2 salaires et des frais de garde, j'étais à l'aise.
Aujourd'hui, toujours avec 2 salaires, on galère.

C'est bien pour ça que je parle de quotient familial, tout le temps, plutôt que du seul revenu. Quand on a un quotient familial inférieur ou égal au seuil de pauvreté, il est évident qu'on ne devrait pas être soumis à autant de charges que ceux qui ont plus. Quant à ceux qui se situent largement au dessus, et ils sont nombreux, très nombreux, ils n'auront pas de mal à se payer leur propre Secu par exemple - et qui ne sera d'ailleurs pas obligatoire si tu me suis bien, tout en cotisant dans un impôt de soutien - oui, quelque chose de vraiment altruiste pour le coup - à l'intention de ceux qui ont beaucoup beaucoup beaucoup moins qu'eux. C'est une histoire de juste répartition des frais.
Je sais que les français se plaignent, de base, de payer trop d’impôts, trop de ci, trop de mi. Ça me choque, parce que le peu de fois dans ma vie où moi et/ou ma famille avons eu de quoi payer des impôts, nous avions déjà tellement pour vivre - toute proportion gardée - que nous trouvions bien normal de contribuer à la marche de l’État.

Chanterelle a écrit :Sinon, une pension d'invalidité, des IJSS ou les allocations familiales sont ce que l'on appelle des "revenus différés", c'est à dire que pour en bénéficier tu as cotisé et tu remplis des conditions d'affiliation. Un genre de pot commun, une assurance.

Non, tu ne bénéficie pas de ce que tu as mis de côté, comme une épargne en différé. Tu bénéficie de ces aides SI tu as cotisé, et quel que soit le montant de ta cotisation. C'est une grande nuance. Idem pour la retraite : tu ne touches pas les sous que tu as mis de côté lors de tes années de travail, tu mes de côtés des points t'ouvrant par la suite des droits de retraites calculés sur ces points. Et c'est là que le bas blesse pour les artistes-auteurs entre autres : nos revenus, même "corrects", nous ouvrent très peu de points de retraite, sans doute sous prétexte qu'ils ne sont pas salariés. Si je me souviens bien, une personne qui aura travaillé dans la BD toute sa vie à hauteur du SMIC par mois - bien que nous n'ayons pas de SMIC évidemment - touchera dans les 600€ d'allocation retraite après 67 ans. Et encore, ce montant n'est pas garanti, car notre caisse de retraite pose plein de problèmes, a été créée il y a moins de 5 ans, et ne cesse de modifier son règlement. :x

Chanterelle a écrit :Si ce ne sont que les moins aisés qui y cotisent et qui en bénéficient et que les classes moyennes et bien portantes (n'importe quoi au passage : la maladie et le handicap < cancer, altzheimer, autisme, accidents... > frappe tous les milieux) cotisent au privé, comment cette cagnotte sera t elle alimentée ?

J'ai dit exactement l'inverse. :!:
Ce que j'ai dit, c'est que les aisés, et très aisés, pouvaient cotiser dans un véritable impot de solidarité sans que ça les affecte, tout en se payant pour eux-même une Secu privée, sur le modèle des mutuelles. Ceux qui ne cotiseraient pas, mais bénéficieraient d'office de la Secu publique, seraient toutes les populations pauvres sus-nomée - les précaires, les quotients familiaux bas, les non-salariés en dessous d'un plafond donné, les personnes en dessous du seuil de pauvreté...

Et quand je dis que les populations pauvres sont plus touchées par la maladie, c'est un fait (je peux aller trouver les références sûres quelque part, genre à l'observatoire des inégalités je pense, mais là j'ai pas le temps, pardon, je le ferai sans doute plus tard). En effet, à l'inverse des personnes plus ou moins aisées, ces populations sont, comme expliqué en détail, souvent contrainte de faire l'impasse sur leurs soins à défaut de pouvoir les payer, car la Secu n'est pas magique! Un remboursement entre 70% et 100% (dans le cas d'une ALD par exemple), ce n'est pas suffisant pour payer les spécialiste, les grosses prises en charges, les médicaments nouveaux ou rares, les appareillages divers et plus ou moins gros etc. Même avec le fameux 100% (100% d'un forfait en réalité), il n'est pas rare de devoir ajouter entre 50 et parfois 2000€ de frais pour un seul soin un seul appareil, pourtant essentiel!
Pour le coup, j'en ai l'exemple tout autour de moi, chez les artistes que je côtoie comme dans ma famille : lunettes vieilles pas à sa vue, pas de soins réguliers pour les parents, pas de maintien à domicile pour les personnes âgées ni de maison de retraite, reléguées aux foyers de charité de certains hôpitaux publics, pas d’appareillage complexes pour les mal-voyants, pour les handicapés, enfants/vieux toujours malades à cause du manque de nourriture ou de l'insalubrité, j'en passe et des meilleurs ........ Ma liste pourrait être très longue. C'est la réalité de cette minorité pauvre et très pauvre qu'on prend rarement en compte.
Alors qu'on prend justement toujours en compte le RESTE de la population française.

EDIT : hop j'ai trouvé un long article qui explique tout ça dans le Nouvel Obs - mais il y a plein de références partout fournies par plein d'organismes solidaires ou d'observation de l’État. Je suis à la fois d'accord et pas d'accord avec les conclusions de l'article en question : plus de remboursements, oui, mais avec une privatisation partielle aussi doublée d'un effort de solidarité de la part des "vrais riches", car sinon les dettes publiques n'en finiront plus de s'allonger : http://leplus.nouvelobs.com/contributio ... lades.html

Chanterelle a écrit :Les nantis (salariés) (...)

Je n'ai, encore une fois, jamais fait l'amalgame entre salariés et nantis. Il y a des salariés pauvres, et des nantis non-salariés. Chacun devrait pouvoir cotiser ou non à la mesure de son niveau de vie réel, quitte à ce que ça implique de privatiser plusieurs organismes français, au moins en partie - comme exposé plus haut, en gardant le public pour les personnes de moindre revenu.

Et comme je l'ai indiqué en toute fin de mon précédent message, je compte bien remonter la pente par mes propres moyens, puisque je n'ai pas le choix - et puisque la CAF de mon département est connue pour ne pas accorder d'aides aux malades chroniques dont elle ne connait pas la pathologie et/ou qui ne passent pas 100% de leur temps en fauteuil roulant, ce qui lui fait sans doute faire des économies plus que douteuses. Or si j'arrive à atteindre tous mes buts, je serai enseignant-chercheur et artiste-auteur (en France et à l'internationale). Autant dire que j'aurais largement les moyens, à mon tour, de payer pour aider les autres français et je compte bien le faire (si j'habite encore ne France alors, sinon j'aiderai les gens du pays où je me serais installée).

Je tiens enfin à répéter une fois pour toute que si ma situation complexe me sert d'exemple ici, ce n'est pas parce que je suis malade blablabla, mais parce que je trouve intéressant de témoigner sur un statu - celui d'artiste-auteur - que très peu de gens connaissent. Et puisque la très écrasante majorité des artistes-auteurs français flirtent avec le seuil de pauvreté - surtout s'ils ont des enfants d'ailleurs, et que notre situation s'aggrave à tous de jour en jour, je pense qu'il est urgent que cette méconnaissance cesse, d'autant qu'on parle ici des gens qui "font la culture" (auteurs de livres, BDs, compositeurs de musique, auteurs de pièces de théâtre, chorégraphes, photographes...).
Nos syndicats sont en train, d'ailleurs, d'organiser un mouvement de grande ampleur car Filippetti nous a pondu 2 ou 3 réformes qui vont encore plus nous précariser si c'est possible.
C'est pour cela que j'ai précisé maintes fois que le beau système français ne marchait pas, et pas pour ma seule pomme, mais pour tout un tas de gens vus comme des privilégiés de l'extérieur d'ailleurs (métier passion, création, bla bla bla), et qu'il était normal que nous tous, artistes, finissions par souhaiter partir dans des pays où notre travail sera reconnu comme tel tout en nous permettant d'en vivre décemment.

Bref, je ne tiens pas à la gratuité de tout pour tous et aux charges sociales collectives appliquées à tous, je tiens en une véritable politique sociale de soutien pour les démunis accompagnée d'un encouragement à l'initiative et au cas par cas.
(mais le cas par cas, en France, on aime pas)
"Fear me. I've killed hundreds of Time Lords.
- "Fear me. I've killed all of them"


"Et finalement dans le langage il ne manque pas de genre. Il y en a juste 2 de trop."
~Eleventh
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Messagepar Chanterelle » 4 années plus tôt

Je tiens enfin à répéter une fois pour toute que si ma situation complexe me sert d'exemple ici, ce n'est pas parce que je suis malade blablabla, mais parce que je trouve intéressant de témoigner sur un statu - celui d'artiste-auteur - que très peu de gens connaissent.


Je t'avais pourtant bien lue et relue. Disons alors que j'ai l'impression que tu fustiges :)

Bien sûr, je comprends ton plaidoyer mais alors cesse stp d'opposer les travailleurs indépendants aux salariés.
Etre TNS est un choix, il me semble. Tu parles de ton cas dans la culture. Vous êtes loins d'être isolés, de nombreux auto-entrepreneurs, agriculteurs (Près de 35 000 foyers agricoles sont bénéficiaires du rSa en 2012 < source MSA > )...

Un courrier au ministre, au président du CG (Mdph), au directeur de la CAF, un rdv avec l'AS de la CAF seraient certainement utiles pour clarifier la situation. Pourquoi ton revenu (fluctuant) ne pourrait-il pas ouvrir droit aux aides sociales au même titre que celui d'un agriculteur (tout aussi fluctuant) ?

La culture oui, c'est super mais sans les bons de mon comité d'entreprise, je n'aurais même pas la possibilité de m'acheter mes 3 bd annuelles, quant à une place de ciné, on n'en parle même pas ! Un opéra, j'en rêve encore.

Et la retraite d'un salarié, c'est à peu près la moitié de son dernier salaire. C'est à dire en ce qui me concerne moins qu'un Smic.

PS: l'effort de solidarité je le fait déjà : ça s'appelle CSG et RDS (un impôt sur quelque chose qui m'est retiré de ma fiche de paye)
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Jean-René » 4 années plus tôt

Concernant la prise en charge des frais de santé, le principe de solidarité hérité du programme du CNR était la gratuité pour tous avec financement en proportion des revenus.
Ce principe a été contourné par l'apparition des mutuelles dont les primes ne sont, elles, pas proportionnelles aux revenus mais les mêmes, qu'on soit riche ou pauvre.
Le mode de financement des mutuelles introduit donc une distorsion qui va à l'encontre du principe de solidarité.

On voit donc bien que le système de financement solidaire du système de santé à la française a été progressivement saboté, depuis 70 ans, par les gouvernements servant les riches, qui ont imposé qu'une part croissante des frais de santé ne soit plus financée proportionnellement aux revenus mais pèse aussi lourd sur les pauvres que sur les riches

LudmiA suggère, en plus, qu'en dessous d'un certain revenu, on soit exonéré de toute contribution au financement du système de santé. Pourquoi pas ? C'est bien ce qui existe pour l'impôt sur le revenu puisqu'en-dessous d'un certain revenu, on ne paye pas d'impôt.
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar LudmiA » 4 années plus tôt

Chanterelle :
Bien sûr, je comprends ton plaidoyer mais alors cesse stp d'opposer les travailleurs indépendants aux salariés.

Je ne les oppose pas, j'ai été salariée, et le suis encore (bien qu'à hauteur de 3h par semaine seulement et en CDD)! De fait, ce sont deux statuts très différents, avec des charges et une précarité de vie très différentes, c'est tout.

Etre TNS est un choix, il me semble.

Non, ce qui est un choix c'est d'être artiste-auteur. Si nous pouvions être salariés pour nos œuvres - ça existe dans certains pays, et ce fut le cas pendant longtemps en France, du temps des grands périodiques qui diffusaient romans et BDs à épisodes - nous le serions avec grand plaisir.
Mais de fait, nous n'avons pas d'autre choix que celui d'être TNS, à moins de cumuler plusieurs emploi, plusieurs statuts déclaratifs, plusieurs types de frais...ce qu'hélas nous faisons quasiment tous pour espérer d'avoir des revenus décents.

Un courrier au ministre, au président du CG (Mdph), au directeur de la CAF, un rdv avec l'AS de la CAF seraient certainement utiles pour clarifier la situation.

Évidemment, je n'ai pas attendu longtemps pour faire toutes les démarches que tu suggère, d'autant que je suis très organisée et trèèèès procédurière :

- le courrier à la ministre, les syndicats des auteurs s'en chargent en ce moment même - et ce n'est pas la première fois. Problème : Filipetti a dit vouloir privilégier les libraires (face au géant Amazon et au numérique), ainsi que le pouvoir d'achat des consommateurs de culture, ce qui pour elle implique de baisser nos revenus à nous auteurs. Nous cherchons encore la logique qui fait qu'on pousse les créateurs des œuvres à arrêter leur métier - c'est le cas de plein d'artistes en ce moment en coulisse - pour que libraires et lecteurs puissent mieux profiter de leurs créations... :frown: Personnellement, en revanche, je vois mal ce que je pourrais changer, car ponctuellement d'autres auteurs, bien plus célèbres, s'y sont essayés et sans succès.

- le courrier au directeur de la Mdph : déjà fait, déjà réclamé, mais ma maladie étant orpheline et très peu connue, ma réclamation est restée sans suite. Il ne me reste à présent qu'à remonter un nouveau dossier, avec l'aide des associations de malades souffrant de la même pathologie, en espérant que ça marche mieux (à noter que si certaines personnes qui ont ma pathologie s'en sortent mieux, c'est parce qu'ils ont un conjoint avec un métier confortable, ou des parents aisés, car personnellement, les malades ont du mal à maintenir une activité salariée).

- contacter le directeur de la CAf, et la CAF en général : déjà fait, au moins...5 ou 6 fois? Plus? (ça fait un an que je suis au RSA et leurs erreurs ne cessent de s'accumuler alors je perds le compte) par téléphone, mail, courrier, avec lettre recommandée etc. Au mieux on me dit "pardon on va rectifier notre erreur" (mais sans que ça prenne effet), au pire on ne donne même pas suite à ma demande prétextant n'avoir rien reçu.

- rendez-vous avec l'AS : fait avec celle spécialisée dans la gestion des pathologies comme la mienne, mais hélas elle appartient à un centre d'un département voisin, pas au mien. Et de son propre aveu, elle voit mal ce qu'elle pourrait faire de plus, car si dans mon département on classe sans suite, il n'y a qu'à persévérer et croiser les doigts (d'autant qu'elle ne connaît rien au sujet du statut d'artiste-auteur)... :fou:

Vous êtes loins d'être isolés, de nombreux auto-entrepreneurs, agriculteurs (Près de 35 000 foyers agricoles sont bénéficiaires du rSa en 2012 < source MSA > ) (...) Pourquoi ton revenu (fluctuant) ne pourrait-il pas ouvrir droit aux aides sociales au même titre que celui d'un agriculteur (tout aussi fluctuant) ?

Justement, voilà LE nœud du problème. Tu n'es pas la première, bien-sûre, à comparer le statut d'artiste-auteur à celui d'agriculteur, même au niveau administratif ils le font. Sauf qu'en fait, il n'y a pas plus dissemblable!
En effet, un agriculteur déclare souvent en Bénéfice Commerciaux (BC), donc non-salarié, fluctuant, MAIS reconnu comme une vente de produits, un commerce.
Or les artistes-auteurs déclarent en Bénéfice NON Commerciaux (BNC), soit non-salarié, fluctuant, et PAS une vente de produits, PAS du commerce, mais une sorte de prime sur la propriété intellectuelle : c'est ce qu'on appelle des droits d'auteur.

Le statut d'artiste-auteur correspond à ceci :
Droit :
- de réclamer la propriété intellectuelle d'une œuvre
- de vendre son original papier - texte, tirage photo, dessin... - à un particulier
- de céder la commercialisation et les droits d'exploitation de son œuvre à une entreprise tierce
- d'obtenir un pourcentage des ventes réalisées par un tiers à partir de notre création
Pas droit :
- de vendre autre chose que des pièces uniques, des originaux ou bien-entendu des droits d'exploitation
- de vendre des livres, CD, re-tirage, cartes-postales, etc..., à partir de nos œuvres
- de vendre des services (enseignement, conférences, concerts...) à plus de 1/2 de nos revenus de droits d'auteur (donc services = 1/4 de nos revenus au maximum)
- au chômage
- au congés maladie - sauf si l'auteur en question a eu des revenus mensuels > ou = au SMIC
- de cotiser pour la retraite ailleurs que dans la caisse des auteurs (celle là même qui vient d'augmenter ses prélèvement, suite à décision de la ministre, de 8% de nos revenus de l'année)
- de déclarer nos revenus d'artiste-auteur autrement que par ce biais là

Du fait de ces spécificités, quand l'auteur est un travailleur pauvre - souvent donc - la façon dont est traité son dossier dépend un peu de la personne qu'il a en face. Soit cette personne comprend le statut parce qu'elle y a déjà été confrontée, et elle accorde les aides dont l'auteur peut bénéficier, soit elle ne comprend pas le statut - ou ne souhaite pas le comprendre - et elle fait blocage sur ce qu'elle estime être une tentative de fraude.
A noter que nos revenus sont très fluctuants, passant de plusieurs mois à 0€ à 1000€/3000€ en une seule fois, pour revenir à 0€ pendant plusieurs mois, et ainsi de suite... On est loin d'une simple fluctuation de montant, et il faut croire que c'est perturbant. 8)

La culture oui, c'est super mais sans les bons de mon comité d'entreprise, je n'aurais même pas la possibilité de m'acheter mes 3 bd annuelles, quant à une place de ciné, on n'en parle même pas ! Un opéra, j'en rêve encore.

Les auteurs eux-même, quand ils sont pauvres, ne s'achètent pas de CD, pas de livres - ils comptent parfois sur un éditeur bienveillant pour leur en envoyer de sa collection, mais ça se fait rare - ne vont pas au concert, pas au théâtre, pas à l'opéra... Heureusement qu'on a internet! :fou:
Plus sérieusement, je me doute que la culture est chère, mais c'est un comble que les créateurs de culture soient paupérisés au point de devoir arrêter, non?
Ne dit-on pas que la façon dont on traite ses artistes en dit long sur l’État d'un pays...

l'effort de solidarité je le fait déjà : ça s'appelle CSG et RDS (un impôt sur quelque chose qui m'est retiré de ma fiche de paye)

Je sais bien, puisque je les paie aussi, retirés de mes droits d'auteur, avant qu'on ne m'en retire en sus des droits de couverture santé (car en tant qu'artiste-auteur on doit en payer en plus pour y avoir droit, soit entre 50 et 100€ par mois supplémentaire), de même que je cotise aussi pour les retraites, avant qu'on ne me demande 8% de mes revenus en plus, parce que je suis artiste-auteur et que c'est comme ça...

La seule solution pour survivre, quand on est auteur débutant ou peu connu, c'est d'être Auto-Entrepreneur (pour vendre ses créations soi-même) et/ou salarié (pour pouvoir enseigner par exemple, ou avoir un emploi stable quel qu'il soit). Et c'est déjà ce que la plupart d'entre-nous, artiste-auteur, faisons! Nous accumulons les statuts, les déclarations, les charges puisqu'il est obligatoire de payer les prélèvement propres sus-cités liés à cette activité d'auteur, les heures de boulot... Et heureusement, pour ceux qui parviennent à cumuler les carrières, même s'il sont souvent très fatigués, ils s'en sortent.

[[C'est d'ailleurs ce que je faisais, jusqu'à ce que la maladie m'en empêche, et c'est là que le bas blesse me concernant : si je pouvais toujours exercer un mi-temps, voire un temps complet, en parallèle de mon activité d'auteur (ou la place hein, quand il faut...), je le ferai! Sauf que je ne peux plus, contrainte de rester couchée ou au repos une grande partie de la journée. Voilà pourquoi je n'ai d'autre choix que de creuser ma place coute que coute en tant qu'auteure (travaillant à domicile donc), et en parallèle, tenter de devenir chercheuse (puisqu'au maximum, un chercheur donne une 15aine d'heures de cours par semaine, ce qui est un peu gros pour ma santé mais encore gérable).
Tu vois sans doute, désormais, pourquoi ma situation est complexe, puisque ce qui me permettrait de vivre dignement implique soit que la CAF arrête la drogue (huhu), soit que les artistes-auteurs soient décemment payés (c'est de pire en pire depuis 6 à 10 ans), soit qu'on me donne une place en université (ce qui est rare, mais auquel je crois, cependant pour ce faire il faut que je termine mon doctorat = encore 4 ans à tirer sans certitude de résultat).]]

Et donc plus généralement, pour revenir au sujet, pourquoi je me permets de pointer les dysfonctionnements concernant la santé, les aides sociales, l'éducation, l'emploi, et la culture, puisque moi-même et tout un tas d'autres auteurs de ma connaissance sommes touchés, fragilisés, par tous ces domaines-là.

Voilà pourquoi nous sommes nombreux à soit jeter l'éponge, soit déménager à l'étranger.

Jean-René :
LudmiA suggère, en plus, qu'en dessous d'un certain revenu, on soit exonéré de toute contribution au financement du système de santé. Pourquoi pas ? C'est bien ce qui existe pour l'impôt sur le revenu puisqu'en-dessous d'un certain revenu, on ne paye pas d'impôt.

On ne paie pas d'impôt sur le revenu, mais on en paie des tas d'autres, et ça quelle que soit notre situation.
Et comme précisé ci-dessus et dans d'autres messages, les non-salariés en paient à hauteur de 30 à 40% de leurs revenus, même quand ces derniers sont inférieurs au seuil de pauvreté mensuel.
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Chanterelle » 4 années plus tôt

Merci d'avoir pris le temps de développer tout ça. Je comprends mieux le problème.
Cependant n'importe quel salarié s'il crée son auto-entreprise doit s'acquitter des cotisations auprès du RSI en plus.
Sauf que les artistes auteurs ont d'autres spécificités.
J'ignorais pour CSG RDS sur les droits d'auteur.

Par rapport à ta situation particulière : qu'est ce que la Mdph te refuse ?
reconnaissance de TH, AAH ?
En tout cas, ça mériterait de refaire une demande avec un dossier médical hyper détaillé, d'autant que ta situation a évolué. Le médecin de la Mdph ne connait pas tout et si en plus ton médecin n'a pas détaillé dans l'annexe médicale... c'était pas gagné.
Après tout, il y a qq années la fibromyalgie n'était pas non plus reconnue...
La Mdph raisonne en "perte de capacité de gain" pour l'AAH, contrairement à la CPAM (pas du tout les mêmes grilles, barèmes) et n'a pas de conditions d'affiliation comme pour les pensions d'invalidité (3h par semaine, j'ai peur que ce soit insuffisant).
Et c'est un minima social autrement plus intéressant que le RSA (790€)

Peut-être que tu savais déjà tout ça et dans ce cas je m'excuse de râbacher mais effectivement, il y a de quoi devenir chèvre et on a qq fois vraiment du mal à trouver une logique.
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Messagepar LudmiA » 4 années plus tôt

Chanterelle a écrit :Par rapport à ta situation particulière : qu'est ce que la Mdph te refuse ?
reconnaissance de TH, AAH ? (...)
Peut-être que tu savais déjà tout ça et dans ce cas je m'excuse de râbacher mais effectivement, il y a de quoi devenir chèvre et on a qq fois vraiment du mal à trouver une logique.

Pour la Mdph, on m'a accordé le TH tout de suite - quand même, bien que pour l'instant ça ne change pas grand chose, ça me servira quand je chercherai à être prof en université - mais refuse de m'accorder carte de priorité dans les transports, de parking - les deux super importants puisque marcher plus de 15 minutes m'épuise au plus haut point et que je peux à peine rester debout en statique quelques minutes - et AAH - parce qu'un handicap invisible qui affecte essentiellement la fatigabilité et entraine des douleurs chronique n'est pas côté à plus de 50%. Or les personnes ayant ma pathologie et ayant obtenu gain de cause ont finalement, après galère elles aussi car maladie peu connue, été reclassée entre 80 et 95% de handicap! Donc oui, il va falloir refaire tout le dossier car mon médecin dans le centre spécialisé n'avait pas tout renseigné, d'autant que dans son département, la maladie est connue donc bien traitée par les autorités. Et comme ma situation a évolué, avec l'appui des assos', j'espère arriver à être reconnue. On croise les doigts.
Pour info, une copine qui a fait les mêmes études que moi et souffre de la même maladie (le monde est petit!) a été reconnue à 97%, et bénéficie de l'AAH majorée pour s'occuper de sa fille, malade elle aussi (elle est mère célib et isolée, ayant eu son enfant avant de connaitre sa maladie ni son taux énorme de transmissibilité). Grâce à l'AAH, elle peut continuer sa formation, et entame en ce moment un post-doctorat, en même temps qu'elle s’apprête à publier sa thèse. Ça me donne vraiment espoir mine de rien.

Bref, on verra pour tout ça, pour l'instant je compte sur le fait de pouvoir encore travailler dans l'Art (je ne peux plus écrire à la main, mais je peux encore dessiner sur un PC et taper à l'ordinateur), donc si j'arrive à être éditée correctement, malgré les gros soucis sus-cité liés au monde de l'édition, je devrais pouvoir sortir un peu la tête de l'eau. Ce sera chaud, puisque normalement un dessinateur pro dessine entre 8 et 12h par jour, et que je peux difficilement atteindre les 5 heures pour ma part, sans aucune certitude de tenir le rythme toute la semaine. Mais c'est déjà un espoir encore (j'ai quelques contacts positifs avec des éditeurs pour 2014-2015, des cours particuliers mis en place, quelques interventions en Médiathèque, bref, je grappille tout ce que je peux).

L'AAH me paraît énorme, compte tenu de ce que je gagne pour l'instant! ^^ Pour revenir sur le statut d'artiste-auteur, c'est presque ce que gagne un auteur qui "marche", pour chaque mois (si on lisse ses revenus de l'année en les divisant par 12). Nous visons en général les 10 à 12000 à l'année (brut ou presque), après un an et demi à moins de 5000, ça me ferait grandement du bien. :wink:

Enfin pour terminer, oui c'est usant, tant l'incompréhension des organismes (face à la pathologie comme face au statut d'auteur, deux choses qu'ils connaissent mal), que la dégradation de nos conditions de travail et/ou de santé. Mais si j'ai eu un groooos moment de creux en décembre dernier, frôlant la dépression, je pense m’être largement relevée. Et j'en cueille déjà les fruits, au vu des nombreuses pistes qui me sont proposées pour l'année scolaire à venir. Dommage qu'il faille pour cela que je me "tue" à la tâche. :fou: :fete:
On tient bon!!!

(mais que la Crise tombe mal, pour tous, décidément)
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Chanterelle » 4 années plus tôt

Bon, alors oui, ça vaut vraiment le coup de refaire un dossier de demande avec un dossier médical bien étayé.
Le souci c'est que la plupart du temps ça fait ch... les médecins qui font "service minimum"
Or dans ce genre de dossier, on ne classe pas selon une maladie (comme à la CPAM) mais comme je le disais selon la perte de capacité de gain.
J'ai un exemple récent en tête avec la maladie de Lyme. Le médecin s'était contenté à peu de choses près de noter cela, ne voyant sans doute pas la nécessité d'en dire plus ni à quoi ça servirait.
1ère demande > refus direct (évidemment)
2ème demande argumentée en cours (mais on est 2 ans plus tard quand même après des phases critiques, dont dépression et aussi délai dépassé pour initier une demande de pension d'invalidité). La Mdph ne travaille pas d'après grilles mais traite des situations individuelles (ceci explique aussi les délais de traitement). Il est donc essentiel de donner un max de détails, le degré d'avancement d'une pathologie pouvant être extrêment variable d'un individu à un autre ! Cela ne peut se présumer.

Et toi de ton côté, tu leur détailles un max d'exemples par rapport à ta vie quotidienne, tes projets, l'insertion, blablabla... n'hésites pas pas à détailler sur papier libre en annexe.

Alors oui, objectif AAH !!! Résistance ! :wink: (pour revenir quand mm au titre du fil)

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