Les uns résistaient, les autres s'enfuient

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Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Jean-René » 3 années plus tôt

Je viens de voir, sur la chaîne Planète, un documentaire sur la Résistance.

Il y a 70 ans, de jeunes paysans, ouvriers, étudiants se dressaient, au risque de la déportation, de la torture ou de la mort, contre ceux qui humiliaient leur pays, tandis que les élites se vautraient dans la collaboration.

Aujourd'hui de jeunes entrepreneurs fuient leur pays pour échapper à l'impôt, laissant au chômage des millions de français, jeunes et moins jeunes.

Mêmes traitres, mêmes victimes.

La France est retombée bien bas.

 ! Modération
Vue la tournure prise par le sujet, je l'ai placé dans Discussions plutôt que dans Culture.

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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Biscuit » 3 années plus tôt

C'est toi seul qui fait ce parallèle au minimum très maladroit ou plutôt carrément douteux, ou c'était dans le reportage que tu viens de voir ? :shock:

C'est quoi le but de ce sujet que tu crées : lancer un débat sur l'exil ? Ou évoquer un doc sur la résistance ?
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Jean-René
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Jean-René » 3 années plus tôt

C'est moi seul qui fais ce parallèle, Biscuit, qui n'est ni "maladroit" ni "douteux".

L'ennemi d'hier était l'occupant. L'ennemi d'aujourd'hui est la finance internationale plus préoccupée d'augmenter ses dividendes, que de permettre aux français de vivre décemment.

Abandonner son pays aujourd'hui à la finance internationale est aussi coupable, pour moi, que collaborer hier avec l'occupant.
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Eleventh » 3 années plus tôt

Je ne pense pas. Les collabos sont ceux qui restent, qui mènent une politique qui ne sert qu'eux au détriment des autres, qui restent dans le placard pour s’intégrer à la masse, voire qui dénoncent.

Ceux qui partent sont des mécontents, que ce soit par recherche du profit (les grand patrons qui pourraient continuer a vivre très bien en continuant à contribuer au biens de tous) ou parce qu'il est impossible de s'en sortir. Cela n'a rien a voir avec les hypocrites et les "petites frappes" qu'étaient les collabos.
en fait pour différencier les deux, regarder leur destination est souvent très utiles, il y a ceux qui partent là ou c'est plus facile de gagner de l'argent et ceux qui partent là ou il est plus facile de travailler.

Les "collabos" sont bien encore présents et ne sont pas prêts de partir, beaucoup portent des t-shirt rose et un beau sourire, il se mettent du coté de la "morale". Ils essaient de maintenir leur privilèges en créant des discriminations.
Ce sont aussi ceux qui s'évertuent à plaire aux lobbys, aux puissants pour ne pas perdre leur pouvoir.

Mais ton parallèle est un raccourci assez décalé de la réalité et sans réel fondement, tu fais une généralité en mettant tout les "patrons" dans le même sac, toutes les conditions. Connais tu chaque "condition" de travail en France?
Si on est pas salariè par un patron bien comme il faut, il est très dur de s'en sortir non pas pour faire des bénéfices, mais juste pour vivre de ce que l'on fait.

Les "résistants" aussi existent encore et toujours, il se battent pour des lois plus justes, pour l'égalité, pour le féminisme et les droits de tous... Bref ceux qui , comme toujours se battent pour un monde plus juste.

Les résistants se battent pour changer le chose, les collabos se battent pour garder leur vie telle qu'elle est.
Ceux qui partent c'est autre chose.
Ceux qui partent font bien de partir, ils n'apporteraient rien, soit parce qu'il ne veulent pas soit parce qu'il ne peuvent pas.
Ceux qui partent pour le profit, c'est à la France de leur donner envie de rester, non pas en les imposant moins, non pas en allant dans leur sens, mais en les éduquant mieux (jai souvent entendu de grand entrepreneurs dire qu'ils ne payaient pas assez d'impôts, de grandes richesses créer des fondations, etc...Et c'étaient rarement des Français. Parce qu'ils n'ont pas de panache et ne connaissent pas le bénéfice de la renommée et sont incapable de voir les choses sur le long terme...parce qu’ils ne sont pas éduqués). Ceux qui partent parce qu'ils s'en sortent pas... Déjà ne sont pas une perte "fiscale" pour le pays, mais ensuite sont souvent des gens qu'ils seraient bon d'écouter. Bref. Il ne faut pas que cela soit à sens unique.

Et puis, après oui il y a ceux qui partent, mais il ne faut pas oublier ceux qui viennent ;)

Je précise que j'ai souvent envie de partir, justement à cause des "collabos" que j'ai décrit plus haut. Et d'un système qui marchent sur la tête et qui n'est pas prêt d'évoluer tellement il est empêtrer dans son passé, certainement pour m'enrichir, c'est vraiment pas mon genre. Mais juste pour trouver un peu plus de logique, moins d'hypocrisie, moins de raccourci, moins de bêtise.
Peut être que c'est vain, mais comme j'ai souvent dit quand on me rétorquait que "l'herbe n'était pas plus verte ailleurs"... Peut être, surement même, mais le temps de s'en apercevoir c'est du temps de passer dans autre chose :)
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar xender » 3 années plus tôt

Eleventh a écrit :
Et puis, après oui il y a ceux qui partent, mais il ne faut pas oublier ceux qui viennent ;)



Il ne faut pas oublier aussi ceux qui sont là, qui se battent pour créer une activité, embaucher et en vivre.
L'innovation et l'aventure sont possibles en France, comparables à ailleurs.
(Grenoble s'est par exemple classée 5eme ville la plus innovante au monde l'an dernier, 3eme ville la plus innovante en Europe cette année. Oui, il y a des bouchons, mais il y a aussi des idées et des entrepreneurs !)

Quant au parallèle résistance à une occupation / résistance à la finance internationale, je n'y adhère pas.
D'un cote, on risquait sa vie, celles de ses proches, enfants compris, et celles d'otages qui passaient par là. Et je ne parle même pas des déportations parce qu'on était juif, ou homosexuel.
De l'autre, on combat pour une vie meilleure, pour réaliser ses rêves, et si l'on est idéaliste pour une société plus juste et plus humaine.
Je ne nie pas la difficulté du combat actuel, et je sais personnellement combien il peut être dur.
Mais je peux aller prendre un café et me promener dans la rue sans risquer de me retrouver torturé dans une cave pour dénoncer mes complices avant de me retrouver dans un camp de concentration.
Discuter avec un troll, c’est comme essayer de jouer aux échecs avec un pigeon.
Tu as beau être très fort aux échecs, il arrive, renverse les pièces, chie sur l’échiquier
et s’en va avec l’air supérieur comme s’il avait gagné.
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Jean-René » 3 années plus tôt

Je suis d'accord avec vous pour dire que mon parallèle est osé.

Mais je voudrais vous expliquer mon point de vue.

Avant la guerre de 40, il était de bon ton, chez les élites de droite de proclamer : "Plutôt Hitler que le Front Populaire".

A présent les hérauts de la finance internationale proclament que "la France est le dernier pays communiste du monde".

"Communiste", non, socialiste peut-être.

En effet, le patronat français ayant beaucoup collaboré avec l'occupant, le programme du Conseil National de la Résistance (qui a créé la Sécurité Sociale et a nationalisé EDF et Renault, si je ne m'abuse) a instauré une économie vraiment socialiste en 1945. Il faut se souvenir que les partis communiste et socialiste recueillaient 60% des voix aux élections après la guerre.

La France a gardé l'essentiel de ce qu'elle a arraché au patronat en 1945. Or, la finance internationale ayant avalé les anciens pays communistes (à l'exception de la Corée du Nord), il ne lui reste plus que le socialisme français comme ennemi. Qu'est-ce que c'est que ce pays qui, grâce à la solidarité par l'impôt, soigne gratuitement chaque français affecté d'une Affection de Longue Durée, ou qui permet à des enfants d'ouvriers de devenir ingénieurs sans avoir rien à débourser. Il faut que cela cesse ! Il faut que ce pays s'aligne sur le plus puissant d'entre eux, celui où l'on tire au sort les malades qui seront bien soignés, et où un enfant d'ouvrier qui veut devenir ingénieur, doit s'endetter à vie; pays cité en modèle par l'intelligentsia internationale et poursuivi, dans la course à l'inégalité, par les anciens piliers du communisme que sont la Russie et la Chine.

Il faut que la France se mette enfin à genou devant le Dieu fric.

Devant une telle menace, il n'y a qu'une seule parade: faire bloc. Unir nos compétences, notre savoir pour tenir bon. Garder chez nous ceux auxquels les impôts payés, aussi, par le français moyen, a permis d'apprendre à entreprendre.

Et bien non ! Quelques-uns ceux qui ont bénéficié de la gratuité de l'Education Nationale financée par nos impôts, pour devenir entrepreneurs, ceux-là, se carapatent à l'étranger pour payer moins d'impôts et pour apporter le savoir dont nous leur avons financé l'acquisition, à des pays qui, justement, ont pour objectif de nous abattre.

J'appelle cela de la trahison. Et la dernière trahison dont s'est rendu coupable le parti de l'étranger (qui, en France, a la vie dure) étant la Collaboration avec l'occupant, j'ai tendance à faire ce parallèle.

Je reconnais qu'un ouvrier qui se retrouve au chômage parce que son patron a fui à l'étranger ou a délocalisé son usine en Turquie, n'est pas un jeune patriote qu'on fusille au Mont Valérien. Mais combien de chômeurs ne se suicident-t-ils pas?

La trahison des élites qui fuient à l'étranger est en train de pousser la France au suicide collectif.

Il ne nous reste plus qu'à devenir cuisiniers ou gardiens de Musées afin de lécher les bottes des financiers internationaux qui voudront bien venir profiter de notre beau pays.
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Eleventh » 3 années plus tôt

xender a écrit :Mais je peux aller prendre un café et me promener dans la rue sans risquer de me retrouver torturé dans une cave pour dénoncer mes complices avant de me retrouver dans un camp de concentration.


Oui bien sur ma "démonstration" était pour reprendre les argument de Jean René, mais ce ne sont pas les mots que je choisirais à la base (à part pour ceux que j'appelle les collabos car pour le coup ce sont les mêmes et dans une situation identiques, ils reproduiraient exactement les mêmes atrocités).

Et puis Grenoble je connais bien, pour y avoir vécu plus de dix ans, je sais qu'il y a de l'innovation et de l'emploi... Mais dans quels secteurs? Perso je n'y ai pas ma place.
Et puis quelle innovation?
On aime l'innovation...contrôlée. Dans le milieu professionnel français l'initiative est bien vue quand elle est cadrée d'un secteur bien défini et sous la direction d'un groupe, d'un ministère ou d'une industrie. On reste dans une logique très productiviste.

L'innovation pour l’évolution et pour l'indépendance se retrouve avec de sacrés bâtons dans les roues. Il faut rester dans le cadre. Notre vieux pays n'aime pas le changement.

Jean-René a écrit :La France a gardé l'essentiel de ce qu'elle a arraché au patronat en 1945. Or, la finance internationale ayant avalé les anciens pays communistes (à l'exception de la Corée du Nord), il ne lui reste plus que le socialisme français comme ennemi. Qu'est-ce que c'est que ce pays qui, grâce à la solidarité par l'impôt, soigne gratuitement chaque français affecté d'une Affection de Longue Durée, ou qui permet à des enfants d'ouvriers de devenir ingénieurs sans avoir rien à débourser. Il faut que cela cesse ! Il faut que ce pays s'aligne sur le plus puissant d'entre eux, celui où l'on tire au sort les malades qui seront bien soignés, et où un enfant d'ouvrier qui veut devenir ingénieur, doit s'endetter à vie; pays cité en modèle par l'intelligentsia internationale et poursuivi, dans la course à l'inégalité, par les anciens piliers du communisme que sont la Russie et la Chine.
..
Et bien non ! Quelques-uns ceux qui ont bénéficié de la gratuité de l'Education Nationale financée par nos impôts, pour devenir entrepreneurs, ceux-là, se carapatent à l'étranger pour payer moins d'impôts et pour apporter le savoir dont nous leur avons financé l'acquisition, à des pays qui, justement, ont pour objectif de nous abattre.

J'appelle cela de la trahison.


Tu idéalises beaucoup la France. Ce n'est pas aussi simple, ni aussi facile.
Devenir ingénieur n'est vraiment pas gratuit. Et l'égalité de chance n'existe vraiment pas en France à cause d'un système éducatif très sclérosé et inégalitaire. (mais je connais quelqu'un(e) qui en parlera mieux que moi). Et puis justement tu vois l'exemple que tu prends: ingénieur. C'est aussi un vision très française. Un ingénieur est "idéalisé" dans notre société comme le but "ultime". Que fait on des docteurs/chercheurs? des artistes? des sportifs? pourquoi vouloir mettre autant en avant les métier tel que les ingénieurs? Parce que la plupart du temps ce sont des salariés, de bons petits soldats.
On ne nous encourage vraiment pas à choisir notre voie on nous conditionne a être des productifs, à travailler pour un patron dans un secteur qui marche.
Tu seras ingénieur...combien de fois ai-je entendu ça? Ce qu'est j'ai moins entendu c'est "que veux tu faire plus tard?"

Certains autres pays (qui sont surement de pays que tu dénonce, comme les EU j'imagine) offre beaucoup plus d'ascenseur sociaux par leur système éducatif.
Ne serait que de part le façon de repérer les élèves doués. La possibilité d’évoluer grâce a des moyens transversaux comme le sport et d'autres matière.

C'est justement une façon pour eux de mettre en avant et de garder leur "élites" comme tu dis.

Là où chez nous c'est toujours "trop tôt" "trop tard" si on ne choisit une filière bien définie dès le collège.
Non vraiment tu te trompe sur le système tel qu'il est actuellement et surtout tu accordes beaucoup trop de crédit au système français. Parle de trahison c'est fort, il faut pas abuser quand même. Il faut arrêter avec les "devoirs au pays", on peut aimer son pays et vouloir participer à son "bien" mais on n'a aucun devoir envers notre pays. On ne choisit pas où l'on est, parfois on est chanceux parfois pas, mais quoiqu'il est arrive on est ensuite happé par le système dans lequel on évolue, système qui nous aide mais surtout nous façonne. Il a un intérêt à le faire. Lui, choisit.

Alors non, il n'y a pas de trahison.
Certains font de bons choix, d'autre pas. Certains ont de bonnes raisons, d'autres de mauvaises.
C'est aussi ça le libre arbitre.

Tout n'est pas blanc ou noir. Rien n'est aussi simple que ce que tu décris. Et je pense qu'il est dangereux de penser le contraire.

Et finallement en y repensant mon avis sur le sujet est le même que sur celui sur les parents d'il y a quelques mois.

On ne doit rien à ceux qu'on ne choisit pas, même s'ils s'occupent de nous, ce sont eux qui choisissent la façon dont ils le font et on ne fait que subir, ils ne nous possèdent pas, et s'ils veulent nous "garder", alors il faut qu'ils mettent en place une confiance, un amour sincère et réciproque. Et et cela ne se fait pas en invoquant un quelconque devoir.
On ne choisit pas de naitre...encore heureux qu'on puisse choisir comment vivre.

Jean-René a écrit :Et la dernière trahison dont s'est rendu coupable le parti de l'étranger (qui, en France, a la vie dure) étant la Collaboration avec l'occupant, j'ai tendance à faire ce parallèle.


Je ne comprends pas cette phrase... Du moins j'espère ne pas comprendre. Tu peux développer s'il te plait ?
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Vivelavie

Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Vivelavie » 3 années plus tôt

Etant sensible à l'entrepreneuriat, car étant directement actuellement concernée par cette réalité, tombée dans la marmite depuis mes études, et ayant une famille d'entrepreneurs et de patrons (TPE et PME) qui fait aussi que je suis "tombée dans la marmite" depuis mon état d'embryon (les parois du ventre de ma mère ont des oreilles), je trouve que ce topic mérite débat, comme ce qui a déjà été lancé. et je me permets de donner mon point de vue.
Même si, certes, le parallèle initial est quelque peu déroutant et à prendre avec des pincettes très fines.
Après, je ne veux en aucun cas défendre les propos de partis politiques extrêmes auxquels je n'adhère en rien.

Il y a un mot qui me vient à l'esprit en parcourant le dernier post de Jean - René (qui du reste a de mon point de vue le courage de faire une comparaison très osée et périlleuse alors que nous sommes avides en France de la parole" bien pensante" et pas trop osée) : c'est le terme d'assistanat. Cet "assistanat" est sans doute un héritage de l'après guerre toujours d'actualité mais en décalage avec la réalité ; et quand un système devient déconnecté de la réalité, il peut devenir insensé, absurde, perverti, voire inégalitaire.
Et je rejoins Xender qui évoque l'innovation : mais je développerai plus tard.
par avance, merci de votre indulgence. le débat est super intéressant. Je dois prendre le temps de lire vos posts. Mais je souhaite donner mon point de vue à chaud. Je n'ai jamais compris l'engouement pour le continent asiatique, ni celui pour la Russie et aujourd'hui, on commence, en tout cas en France, à s'en mordre les doigts. Les 30 glorieuses, c'est fini. les élites froides ne l'ont pas intégré, mais en fait, elles s'en fichent et ça les arrange : pour elles, tout roule de façon mathématique. Que dire également des élites "politiques" qui s'amusent d'un système politique obsolète lui aussi dont la complexification du changement les arrangent aussi, sauf bien entendu pour celles et ceux qui veulent ou on tenté de faire bouger les choses (et dont se moquent souvent les Grands Médias, dont la médiocrité n'est plus à prouver pour moi). Par contre, "en bas", on est loin de s'en ficher. Et on jongle comme on peut dans ce système à dominante politico-économique (il faut dire ce qui est) qui, comme le dit Eleventh "marche sur la tête".

je suis aussi très sensibilisée à la fuite des cerveaux français vers l'étranger, que ce soit dans la recherche ou en ce qui concerne l'innovation. Car il s'avère que c'est une réalité. Quand on veut taxer les générateurs d'emploi historiques à hauteur de 75% (certes, je fais ici un gros raccourci, mais c'est une réalité), il ne faut en rien s'étonner que les patrons et chefs d'entreprises préfèrent domicilier leur activité voire développer leurs activités au delà des frontières françaises ou depuis l'étranger. Après, c'est vrai que si c'est un pur calcul mathématique, alors que ces patrons peuvent monter quelque chose pour toutefois rester en partie et "résister" à l'envahisseur économique (qui peut aussi venir de l'intérieur, ne soyons pas dupe), on peut sans doute en effet parler de "désertion", de "lâcheté" calculée. J'ai dans mon entourage proche un membre de ma famille qui est parti à l'étranger : je n'adhère pas à sa vision de la carrière, qui pour moi appartient au passé, ce que je lui souhaite, c'est qu'il ne reçoive pas les foudre de ses enfants dans 20 ans ; pour moi, il contribue à ce système ; pourquoi ? Parce que son employeur qui est "une grande entreprise mondialement connue" le tient par les ***** en lui disant "bon, et bien maintenant, tu vas partir à l'étranger avec ta famille et tu reviens dans 5 ans sinon byebye" ; n'Est-ce pas ce genre d'employés qui génère "la désertion de masse" et est loin d'être résistant, rendus avides de plans d'épargne et autres placements boursiers juteux promis et dressés en carotte par leurs employeurs ? je le pense. Et ce membre de ma famille le sait de moi. Il y a dans ce système des "grandes entreprises" une forme d'héritage post-colonialiste qui me sidère.

Il y a d'autres réalités : des investisseurs chinois qui rachètent doucement mais sûrement des entreprises françaises.
Pourtant, la tendance va s'inverser : produire en Chine n'en vaut plus la peine car l'Europe de l'Est concurrence cet eldorado des années 2000 qui n'est plus.

Il y a toutefois une forme de "résistance" dont on ne parle pas, qui sont en effet les petits entrepreneurs (dont je fais partie) et moyens entrepreneurs qui jonglent tant que faire se peut avec des charges déconnectées de la réalité (j'ai envie de parler de sur-charge), et qui obligent à réaliser des montages malins pour essayer de respirer. Mais, employer des salariés est d'une complexité rendue infernale par cette sur-charge d'un autre temps, qui justifie aussi la "fuite à l'étranger".

Maintenant, partir pour revenir plus fort, c'est sans doute ce qui se passe aujourd'hui en France.
Sauf pour les individus qui sont des spéculateurs "d'emplois numérotés" plus que des employeurs d'êtres humains sont sans doute ces "collabos", si on devait faire un parallèle socio-économique avec la réalité historique socio-politique de la collaboration pendant la seconde guerre mondiale, ils restent en France dans leur(s) tour(s) d'ivoire déconnectée(s) de la réalité économique et sociale. Mais, de tout temps, il y a eu ces "élites" à la française dans leur tour d'ivoire au sein desquelles on est admis sur "dossier" (ticket d'entrée monnayé, valeurs partagées, réseau apporté, échanges de bon procédé - immobilier, fiscalité avantageuse, biens/avantages matériels-...). Depuis le Moyen Age, depuis l'époque moderne. Passage de flambeau parfois d'office en office, de parent à enfant ou coopté.
Alors, la seule preuve d'intelligence que j'observe, ce sont les "rachats" entre entreprises françaises comme ce qui se produit actuellement pour le rachat d'un grand fournisseur d'accès à la téléphonie mobile et à Internet, par un autre FAI.
Face à ces tours d'ivoire et de verre impénétrables et bien gardées, et à la biographie étroitement liée à l'Histoire du pays, et notamment post-guerre, il y a aussi des entrepreneurs courageux du quotidien qui innovent ou tentent d'innover.

Pour moi, partir à l'étranger est une question de survie économique à mon échelle mais aussi parce que l'employeur est frileux du fait de la sur-charge que représente une embauche, et aussi une question nourricière : parce que mon "dossier" n'a pas été accepté et parce que je ne remplis pas les critères d'intégration au sein de l'élite ou de l'entreprise "d'élites", il s'agit de créer mon emploi "là-bas", de le développer là-bas, et de revenir en donnant une bouffée d'air frais à un pays contrôlé par des élites "visibles" qui se taclent aussi entre elles, quoiqu'on en disent, et dont les médias parlent volontiers parce que ça entretient le lectorat, et d'autres dont on ne parle pas (parfois entretenant des "réseaux" alternatifs à ceux hermétiques des "grandes élites auto-cooptées") qui permettent au tissu économique local d'exister et de persister, non sans difficultés (l'usine Lejaby qui ferme, ça ne vous met pas en rogne ? ; "La "résistance" ici est illustrée par un ancien de chez Aubade qui a lancé une ligne de sous vêtements féminins sur mesure dans l'Ouest français à commander par Internet faisant ainsi travailler de belles petites mains en France, alors que son ancien employeur Aubade fait fabriquer ses produits en Afrique du Nord donc prône le modèle économique basé sur la délocalisation, foulant ainsi quelque part le consommateur métropolitain à travers un Made in France "truqué" pour des raisons, à la base, fiscales et de sur-charge fuie, et une main d'œuvre "bon marché" :fou: ).

:cali:
Jean-René
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Jean-René » 3 années plus tôt

Eleventh a écrit :
Jean-René a écrit :Et la dernière trahison dont s'est rendu coupable le parti de l'étranger (qui, en France, a la vie dure) étant la Collaboration avec l'occupant, j'ai tendance à faire ce parallèle.

Je ne comprends pas cette phrase... Du moins j'espère ne pas comprendre. Tu peux développer s'il te plait ?


Le "parti de l'étranger", Eleventh ?
C'est celui qui, pour abattre la France, fit appel aux anglais au 15ème siècle, aux espagnols au 16ème et 17ème siècles, aux allemands au 20ème siècle et qui, à présent, cherche à nous imposer les recettes ultra-libérales anglo-saxonnes pour mettre fin, en France, aux acquis du Conseil National de la Résistance.
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Pierro stardust » 3 années plus tôt

Le parallèle de Jean-René est assez osé,mais je partage l'idée: quand on trahit pour son intérêt perso au mépris du bien public, que ce soit avec un carnet de chèques ABN AMRO en 2014, ou avec un uniforme de la milice et un Luger en 1942, ça reste la même chose, sur le principe: c'est bien dégueulasse :roll:
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Kitty » 3 années plus tôt

wooow...perso je déteste aussi la grande finance, mais...de là à la comparer avec les collaborateurs qui ont livré des résistants et des Juifs aux nazis, je te dis pas comme tu vas un peu trop loin.
quand tu sais qu'en Chine et en Inde les salaires des ouvriers sont dix fois moins élevés qu'en France.......alors forcément les grandes entreprises délocsalisent.
mais justement, quand certains foutent le camps.....c'est l'occasion pour d'autres de venir s' installer en France et faire des affaires, comme les Russes ou les Chinois.
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Jean-René » 3 années plus tôt

Mais ce que je leur reproche, justement, c'est de "foutre la camp", de déserter, quand on a besoin en France de tous les talents et de toutes les intelligences.

Ce que je leur reproche, c'est de partir s'enrichir à l'étranger, pourvus des diplômes qu'ils ont obtenus grâce à la gratuité de l'enseignement en France, gratuité financée par les impôts payés par l'ensemble de la Nation.

Non, il y a, dans leur attitude, une trahison à l'égard de leurs compatriotes, qui me rappelle d'autres trahisons: leur fric d'abord, et peu importe que tant de français se retrouvent au chômage et parfois, se suicident de désespoir.
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar LudmiA » 3 années plus tôt

Jean-René a écrit :Ce que je leur reproche, c'est de partir s'enrichir à l'étranger, pourvus des diplômes qu'ils ont obtenus grâce à la gratuité de l'enseignement en France, gratuité financée par les impôts payés par l'ensemble de la Nation.

Il n'y a que l'université (et donc aussi l'iut) qui soit "gratuite" en France, tous les autres enseignements supérieurs sont pour la plupart chers, voir très chers, et totalement privés.
Et pourtant, parmi ceux qui ont payé leurs études, il y en a aussi qui partent. Je suis même prête à parier qu'il y en a d'ailleurs bien plus - les fameux ingénieurs et entrepreneurs ambitieux de faire plein d'argent à l'étranger sont rarement titulaires d'un master de sciences ou de lettres obtenus en fac, et encore plus rarement tout juste d'un Bac...
Pour le coup, là, ce que tu avances sent beaucoup trop le cliché sans fondement.

(j'enseigne dans une de ces écoles supérieures très chères - près de 8000€ l'année pendant 3 à 5 ans - et mes étudiants rêvent tous de partir bosser soit à Paris tout de même, soit à Berlin ou Londres, soit aux USA ou dans certains studios Coréens ou Japonais)
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Kitty » 3 années plus tôt

@jean rené

les facs gratuites ?
ben dis donc, en tout cas celle des sciences humaines de Strasbourg était tout sauf gratuite à mon époque ~~~~~~~~
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Re: Les uns résistaient, les autres s'enfuient

Messagepar Jean-René » 3 années plus tôt

Ce que je leur reproche, justement, c'est de "foutre la camp", de déserter, quand on a besoin en France de tous les talents et de toutes les intelligences.

C'est un "cliché sans fondement" ça ?

Il y a, dans leur attitude, une trahison à l'égard de leurs compatriotes, qui me rappelle d'autres trahisons: leur fric d'abord, et peu importe que tant de français se retrouvent au chômage et, parfois, se suicident de désespoir.

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