La prise de tête, une spécialité féminine ?

Vos états d'âme, vos coups de gueule, vos révélations...
Avatar du membre
Les Yeux Noirs
Biscuit
Biscuit
Messages : 2436
Enregistré le : 7 années plus tôt
Orientation sexuelle : Bi
Âge : 36

La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar Les Yeux Noirs » 4 années plus tôt

Je lance un petit sondage suite à une discussion avec une charmante bibi Normande et la question existentielle que nous nous sommes posée. Voici l'objet de notre questionnement : la prise de tête est-elle une spécificité féminine ou bien ces messieurs (ou personnes neutres) sont-ils également sujets à ce phénomène ?

Je m'explique. La discussion est partie d'une tendance mienne de me torturer l'esprit quasi en permanence sur des sujets aussi divers et variés que mon boulot, mes enfants, la phrase prononcée un peu trop brutalement à mon collègue deux heures auparavant, mon couple, ma voisine qui me fait la gueule, une amie qui n'a pas répondu à mon texto ou le fait d'avoir mangé le tentant éclair au chocolat plutôt que l'infâme yaourt nature de la cantine. Mon cerveau ne se repose jamais. De son côté, mon conjoint semble muni d'un esprit relativement calme et paisible, bien loin de toutes ces questionnements qui tournent en rond dans ma tête de façon incessante.

Nous avons alors constaté une certaine similitude entre nos deux couples. Après examen du comportement d'un échantillon large et représentatif des populations masculine et féminine de notre entourage (respectivement 2 et 2 spécimens), nous en avons donc déduit que ce trait de caractère est plutôt féminin. J'aurais cependant voulu avoir quelques opinions suplémentaires pour valider notre démarche rigoureuse :cheesy:

Qu'en pensez-vous ?

La question subsidiaire concerne le rôle de l'éducation dans ce comportement ô combien pénible...
Avatar du membre
LudmiA
Bijou
Bijou
Messages : 1701
Enregistré le : 7 années plus tôt
Orientation sexuelle : queer
Localisation : dans une Bibliothèque, ou à Lyon
Âge : 38

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar LudmiA » 4 années plus tôt

Alors bon, en premier lieu, je sais que ce que je vais dire ne va pas plaire à tout le monde mais...une bonne partie des gens qui réfléchissent tout le temps sont juste plus intelligents que la moyenne (et une moyenne, c'est une moyenne, ça ne veut pas dire qu'on est exceptionnel-le si on est au dessus hein), c'est tout. :wink:
Ce qui ne veut pas dire que ceux qui ne se torturent pas le cerveau sont bêtes, hein, mais parmi mes potes qui ont le cerveau en feu, la quasi totalité ont été diagnostiqué "au dessus" voir "très au dessus"...

Deuxièmement, du fait de l'éducation genrée de notre société, on a habitué les femmes à être plus émotives et bavardes (quitte à ce que le bavardage ne soit qu'intérieur), à se soucier des relations sociales, familiales, des enfants, du foyer, du budget, bref, que des choses qui poussent à "tourner en rond" dans sa caboche, là où les hommes sont plus orientés vers l'action, la prise de décision, l'affirmation de leurs capacités, la compétition saine ou agressive...
Tout ceci est bien entendu spécifique de notre culture, notre époque, nos familles, notre milieu, et il est fort possible de trouver des femmes posées, sûres d'elles, des femmes d'affaires directes et presque agressives, comme on peut trouver des hommes sensibles qui doutent en permanence et se remettent en question à tout bout de champ.
Ce n'est donc pas biologique.

Troisièmement, le milieu dans lequel on évolue, et le métier qu'on exerce, y joue beaucoup. Les plus grands compositeurs, peintres, philosophes, poètes, sont des hommes! Des gens qui ont souvent passé leurs vie à souffrir plus ou moins de leurs prises de tête permanentes, ou qui ont su rendre ces prises de tête utile pour en faire de l'art...
A l'inverse, on ne demandera pas à un ouvrier, un PDG, un militaire, un agriculteur, un courtier en bourse, un chirurgien, de douter de lui et de se prendre la tête inutilement, ça serait même dangereux pour son travail, non?

Enfin, pour finir, je connais pour ma part autant d'hommes que de femmes qui se prennent la tête tout le temps. Certains sont artistes - et ça les aide. D'autres sont en couple avec des gens qui se prennent la tête également, et là le résultat n'est pas triste! :mdr:
Bref, non, d'expérience, je ne pourrais vraiment pas dire qu'il y a plus de filles que de garçons qui se font des nœuds au cerveau. Je crois que je ne peux même pas établir un pourcentage tant c'est variable. :)

J'espère avoir répondu à ta question, et surtout : n'aie pas honte de te prendre la tête, même si c'est sans doute dû à ton éducation.
Au mieux, je te conseille de souffler un peu et de laisser un peu couler les choses...sauf que je fais comme toi, que mon conjoint fait comme toi, que ma meilleure amie fait comme toi, qu'un des meilleurs ami de mon conjoint fait comme toi... Haha, bah, c'est toujours plus facile à dire qu'à faire. ;)

Bon remuage de méninges!
"Fear me. I've killed hundreds of Time Lords.
- "Fear me. I've killed all of them"


"Et finalement dans le langage il ne manque pas de genre. Il y en a juste 2 de trop."
~Eleventh
Avatar du membre
Desmodromique
BIcylindrée
Messages : 3324
Enregistré le : 7 années plus tôt
Orientation sexuelle : Bi happy
Genre :
Âge : 43

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar Desmodromique » 4 années plus tôt

Je pense que la question subsidiaire répond à l'ensemble de ton questionnement hautement scientifique... :D

Plus que d'éducation, je parlerais plutôt de conditionnement extérieur, en général. Ca ne vient pas forcément que de la famille ou de l'entourage proche, mais c'est ancré dans tous les aspects de la culture. "On" attend des femmes qu'elle soient de séduisantes créatures (mange un yaourt sinon tu vas grossir), de bonnes mères (occupe-toi de tes enfants 24/24), de douces compagnes (sois gentille avec ton mari), d'affables collègues (parle pas comme ça à ton collègue), etc, etc, etc.
Des hommes, "on" attend surtout qu'ils fassent carrière et gagnent du fric pour faire marcher la baraque. Ils ont droit d'être moches, pères absents, maris distraits, compétitifs face à leurs collègues (non ça c'est pas un droit, c'est un devoir), etc, etc, etc.

Au final les unes et les autres se prennent sans doute autant la tête, mais c'est probablement plus visible chez les femmes parce qu'en parler fait également partie du formatage - un homme qui admettrait se prendre la tête ? Taffiole !*

* c'est du second degré, hein...

EDIT : je viens de voir que LudmiA a également répondu, ce que je dis redonde donc un peu (j'ai le droit d'inventer le verbe redonder ? :twisted: )
No, I'm bisexual, you're confused.
Avatar du membre
Les Yeux Noirs
Biscuit
Biscuit
Messages : 2436
Enregistré le : 7 années plus tôt
Orientation sexuelle : Bi
Âge : 36

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar Les Yeux Noirs » 4 années plus tôt

Merci pour vos messages :) Pas le temps d'aller élaborer une réponse élaborée ce soir mais je vais pouvoir cogiter cette nuit les éléments que vous m'avez apportés :cheesy:
Avatar du membre
Ascagne
Biblioman
Messages : 4908
Enregistré le : 10 années plus tôt
Orientation sexuelle : Bisexuel
Localisation : Paris
Âge : 32
Contact :

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar Ascagne » 4 années plus tôt

Mh, je suis un homme, certes vaguement transgenre (mais je sais pas si c'est au fond ou sur les bords), mais une chose que je peux vous dire, c'est que je passe une bonne partie de mon temps à me questionner sur tout plein de sujets allant des grandes questions métaphysiques à tel-le ou tel-le ami-e ou collègue ou sujet de boulot, ou problème familial, ou potentielles lectures urgentes et indispensables, ou à comment sauver le monde, etc. J'ai moi aussi l'impression de mouliner sans arrêt.
Après, je suis d'un abord paisible (ça m'arrive d'être vraiment stressé ou énervé, surtout quand je suis crevé, mais c'est assez rare). Sauf que c'est précisément une réaction de ma part à ces questionnements incessants : j'ai appris à me poser, à rester calme et à prendre mon temps. Evidemment il y a toujours les périodes chargées, les quelques jours ou la semaine infernale ou je n'aurai pas une minute à moi, mais je profite du moindre interstice pour souffler et me détendre. Ça ne marche pas toujours (en général j'ai toujours un cyclone dans le crâne) mais ça maintient ma tension nerveuse à un niveau supportable.
A l'aide de cet exemple hautement généralisable, j'aurais tendance à dire que pas mal d'hommes ont aussi ce problème. Mais qu'ils n'en parlent peut-être pas forcément (ou pas avec des femmes ?). Cela dit, je suis d'accord avec les nuances multiples apportés par les précédents messages, je pense que tout ça varie énormément selon le milieu social, la profession, le niveau d'éducation, la personnalité, l'organisme, mais aussi la situation amoureuse (le couple ça crée de la stabilité mais aussi des soucis en plus et du temps personnel en moins, sans parler des enfants), etc.
Mon beau-frère Silvius tient le Biplan, un blog sur la bisexualité (actualités, militantisme, réflexions de fond). Passez donc voir, si le coeur vous en dit :
https://lebiplan.wordpress.com/
Avatar du membre
LudmiA
Bijou
Bijou
Messages : 1701
Enregistré le : 7 années plus tôt
Orientation sexuelle : queer
Localisation : dans une Bibliothèque, ou à Lyon
Âge : 38

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar LudmiA » 4 années plus tôt

Je plussoie Ascagne et j'ajoute pour l’anecdote que mes étudiants, surtout les garçons d'ailleurs, se confient souvent à moi concernant leurs moulinages respectifs - au sujet de l'amour, leurs parents, leurs ami-e-s, leur future carrière, leurs choix, la société, la politique, le genre, leurs études, etc. - sans doute parce qu'ils voient en moi une figure d'autorité bienveillante en qui ils peuvent avoir confiance pour leur répondre sans les juger.
Ce qui me fait dire qu'on parle aussi plus facilement de ce qui nous fait tourner les méninges à quelqu'un qu'on sait pouvoir partager nos troubles, et c'est, du fait du formatage social, rarement quelque chose qu'on fait avec une personne du sexe opposé, à moins qu'elle ne se présente comme une sorte de parent/grand frère/sœur tel que je le fait. :)
"Fear me. I've killed hundreds of Time Lords.
- "Fear me. I've killed all of them"


"Et finalement dans le langage il ne manque pas de genre. Il y en a juste 2 de trop."
~Eleventh
Avatar du membre
Biscuit
BIg Boss
BIg Boss
Messages : 16974
Enregistré le : 14 années plus tôt
Orientation sexuelle : bi
Localisation : Avignon
Genre :
Âge : 40

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar Biscuit » 4 années plus tôt

Je me sens totalement incapable de me classer d'un côté ou de l'autre de la barrière. Je n'ai pas l'impression de "me prendre la tête" mais en même temps j'ai tendance à intellectualiser pas mal de choses, et à beaucoup réfléchir avant de faire un truc. Si j'essaie de me lire dans les observations de mon entourage, je suis tantôt celui qui réfléchit trop, tantôt celui qui semble facilement sûr de lui et du chemin sur lequel il s'est engagé. A partir de là, suis je d'un nouveau genre, indéterminé, une sorte de croquant ni biscuit ni biscotte ? :twisted:
Biscuit
Avatar du membre
Pierro stardust
Bikini
Bikini
Messages : 924
Enregistré le : 4 années plus tôt
Orientation sexuelle : New-Bi
Localisation : picardie/normandie
Âge : 34

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar Pierro stardust » 4 années plus tôt

LudmiA a écrit :Je plussoie Ascagne et j'ajoute pour l’anecdote que mes étudiants, surtout les garçons d'ailleurs, se confient souvent à moi concernant leurs moulinages respectifs - au sujet de l'amour, leurs parents, leurs ami-e-s, leur future carrière, leurs choix, la société, la politique, le genre, leurs études, etc. - sans doute parce qu'ils voient en moi une figure d'autorité bienveillante en qui ils peuvent avoir confiance pour leur répondre sans les juger.
Ce qui me fait dire qu'on parle aussi plus facilement de ce qui nous fait tourner les méninges à quelqu'un qu'on sait pouvoir partager nos troubles, et c'est, du fait du formatage social, rarement quelque chose qu'on fait avec une personne du sexe opposé, à moins qu'elle ne se présente comme une sorte de parent/grand frère/sœur tel que je le fait. :)

héra.jpg
héra.jpg (6.37 Kio) Vu 2132 fois

:gloire:
"On devrait traiter les affaires légères avec le plus grand sérieux, et les affaires sérieuses avec la plus grande légèreté."
Nabeshima Naoshige
Catla
Bikini
Bikini
Messages : 672
Enregistré le : 6 années plus tôt
Orientation sexuelle : Bi-sounours
Âge : 39

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar Catla » 4 années plus tôt

A mon avis c'est pareil des 2 côtés, c'est probablement plus question de personnalité et de vécu. Je connais des mecs qui se prennent bien la tête sur n'importe quoi, mon ex copain est un très bon exemple :D mais j'en connais d'autre aussi...
Avatar du membre
Les Yeux Noirs
Biscuit
Biscuit
Messages : 2436
Enregistré le : 7 années plus tôt
Orientation sexuelle : Bi
Âge : 36

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar Les Yeux Noirs » 4 années plus tôt

Bon, manifestement, nous nous sommes fourvoyées dans notre étude. Diantre, un protocole d'une telle rigueur :frown:
LudmiA a écrit :Alors bon, en premier lieu, je sais que ce que je vais dire ne va pas plaire à tout le monde mais...une bonne partie des gens qui réfléchissent tout le temps sont juste plus intelligents que la moyenne .

Ben voilà, çe ne me plaît pas :cheesy: Faisant moi-même preuve d'une intelligence bien évidemment hors du commun, je pourrais tout à fait être d'accord avec cette affirmation mais il se trouve que non (je déconne hein). Je n'ai pas de preuve du contraire à part éventuellement la personne à côté de moi qui n'a pas le cerveau en feu tout en étant tout à fait brillant mais bon, ça ne démontre pas grand-chose. Déjà, il faudrait définir ce qu'on entend par intelligence et ensuite, ça me paraît trop simple comme raisonnement. Je ne vois pas bien pourquoi le manque d' "intelligence" serait lié à une absence de questionnement. Ce ne seraient pas forcément les mêmes questions ou les mêmes sujets de réflexion mais j'ai du mal à croire que ne pas être "brillant" protège des questionnements incessants.

Bon, le deux, je suis assez d'accord donc je ne vais pas m'attarder dessus.
LudmiA a écrit :Troisièmement, le milieu dans lequel on évolue, et le métier qu'on exerce, y joue beaucoup. Les plus grands compositeurs, peintres, philosophes, poètes, sont des hommes! Des gens qui ont souvent passé leurs vie à souffrir plus ou moins de leurs prises de tête permanentes, ou qui ont su rendre ces prises de tête utile pour en faire de l'art...
A l'inverse, on ne demandera pas à un ouvrier, un PDG, un militaire, un agriculteur, un courtier en bourse, un chirurgien, de douter de lui et de se prendre la tête inutilement, ça serait même dangereux pour son travail, non?

Ben là, pareil, je ne suis pas trop d'accord. On peut se prendre la tête toute la nuit et tous ses temps de loisirs et à l'inverse, la journée, pendant le travail, se consacrer à un boulot totalement non artistique ou créatif, voire bassement terre-à-terre. On a pas toujours le choix de sa profession. Je crois plus à un rôle de la personnalité ou de la société dans son ensemble que dans celui du métier qu'on exerce...
LudmiA a écrit :n'aie pas honte de te prendre la tête, même si c'est sans doute dû à ton éducation.

Je n'ai pas honte, c'est juste que j'aimerais savoir comment arrêter !!! Ca me reposerait et je suis sure que ça en reposerait certains dans mon entourage :cheesy:
Desmodromique a écrit :Plus que d'éducation, je parlerais plutôt de conditionnement extérieur, en général. [...] Au final les unes et les autres se prennent sans doute autant la tête, mais c'est probablement plus visible chez les femmes parce qu'en parler fait également partie du formatage

Oui, je pense que c'est assez juste, l'homme n'est pas censé exprimer ses émotions et les questions qui peuvent le tarauder...
Ascagne a écrit :je pense que tout ça varie énormément selon le milieu social, la profession, le niveau d'éducation, la personnalité, l'organisme, mais aussi la situation amoureuse (le couple ça crée de la stabilité mais aussi des soucis en plus et du temps personnel en moins, sans parler des enfants), etc.

Ca me donne pas mal à réfléchir tout ça, même si je ne suis pas d'accord avec tous ces facteurs potentiels. La situation amoureuse par exemple. Je me prenais autant la tête étant célibataire que quelques semaines après avoir rencontré mon compagnon ou que maintenant que nous sommes ensemble depuis des années. Les enfants ajoutent beaucoup de questionnements mais bon, ce ne serait pas ça, ce serait autre chose... Les facteurs pour moi les plus importants sont l'éducation et la personnalité mais je vais continuer à cogiter sur le reste :)
Biscuit a écrit :A partir de là, suis je d'un nouveau genre, indéterminé, une sorte de croquant ni biscuit ni biscotte ? :twisted:

Un coeur coulant au chocolat ? Solide à l'extérieur et fondant à l'intérieur ? Miam, ça me donne faim :P
Avatar du membre
LudmiA
Bijou
Bijou
Messages : 1701
Enregistré le : 7 années plus tôt
Orientation sexuelle : queer
Localisation : dans une Bibliothèque, ou à Lyon
Âge : 38

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar LudmiA » 4 années plus tôt

Les Yeux Noirs a écrit :Je ne vois pas bien pourquoi le manque d' "intelligence" serait lié à une absence de questionnement. Ce ne seraient pas forcément les mêmes questions ou les mêmes sujets de réflexion mais j'ai du mal à croire que ne pas être "brillant" protège des questionnements incessants.

Nononononon, je ne dis pas que le manque d'intelligence prévient de ce genre de comportement : je dis que les personnes un peu trop "intelligentes" - disons plutôt "douées" - ont, à l'inverse, du mal à ne pas cogiter tout le temps. Tu vois la nuance?

Les Yeux Noirs a écrit :Ben là, pareil, je ne suis pas trop d'accord. On peut se prendre la tête toute la nuit et tous ses temps de loisirs et à l'inverse, la journée, pendant le travail, se consacrer à un boulot totalement non artistique ou créatif, voire bassement terre-à-terre. On a pas toujours le choix de sa profession. Je crois plus à un rôle de la personnalité ou de la société dans son ensemble que dans celui du métier qu'on exerce...

Idem, je n'ai pas dit que la profession faisait tout, je parlais justement de sélection sociale genrée de la profession.
(je suis en plein dans l'étude du genre dans le social et le politique, ça m'a permis de nommer clairement plein de choses que je pressentais jusque là)

Tu noteras que les professions citées étaient des métiers dits "d'HOMMES" - selon les critères les plus genrés de la société évidemment - et qui encourage à être direct, sûr de soi, sans concession... Quand bien même un homme serait du genre à se prendre la tête devrait occuper de tels emploi, il ressentirait une forte pression extérieure à changer d'attitude, de façon d'être. Soit il y parviendrait dans le meilleur des cas, soit non, et auquel cas je te parie qu'il ressentirait un profond malaise, qu'il ne se sentirait pas à sa place, pas qualifié, plein de doutes... J'ai des exemples comme ça autour de moi d'ailleurs.
A l'inverse, on nous prend le chou à nous persuader que toutes les femmes sont sensibles et douées en scrapbooking, comme si elles naissaient avec une conception innée de l'art, la douceur, l'altruisme, le lien social, la maternité - d'où toute une partie des professions françaises dites féminines - ce qui fait qu'on serait plus tolérant face à leur bavardage intellectuel et leur petits tracas philosophiques du quotidien.
Bien entendu, l'erreur est qu'il y a plein de femmes qui ne se prennent pas le chou, comme il y a plein d'hommes qui se font des nœuds au cerveau. Les uns comme les autres ne rentrent pas dans les cases genrées de la société, et s'en accommodent comme ils le peuvent. Comme nous tous.

Tu sais, on ne choisi pas forcément sa profession, mais quand on le peut - études très longues, boulot coup de cœur, vocation - on exerce un boulot en accord avec notre façon de penser, ça paraît logique! D'où l'exemple d'Ascagne qui fait de longues études très en accord avec sa personnalité, moi avec mon art et mes longues études aussi, mon copain artiste de même, qui fut justement technicien dans un boulot très concret qu'il n'avait pas choisi, finalement contraint d'arrêter tant il souffrait, presque physiquement, du décalage opéré, et d'où tous les exemples que j'ai en tête par ailleurs...
(d'où l'exemple choisi des grands artistes, écrivains, compositeurs des siècles passés, qui créaient et pensaient à une époque où se prendre la tête était vu comme un exercice typiquement masculin, a fortiori qu'on imaginait mal que les femmes puissent avoir un cerveau adulte en état de marche!)

Les Yeux Noirs a écrit :Je n'ai pas honte, c'est juste que j'aimerais savoir comment arrêter !!! Ça me reposerait et je suis sure que ça en reposerait certains dans mon entourage :cheesy:

C'est déjà ça, car j'en connais qui le vivent mal. Par contre, je suis désolée de te l'apprendre, mais le robinet OFF n'existe pas. ^^
Ne te reste que la méditation - pas spirituelle, hein, pas besoin - le yoga, le sport en général, ou ouvrir la fenêtre et crier un bon coup de temps en temps... Histoire soit d'apprendre à gérer ton flot de pensées, soit à les évacuer un bon coup, quand il y a trop plein. :)

ps : je cogite tellement, touuuuuuuuuut le teeeeeeeeeemps, que, ajouté à mes soucis de santé, depuis l'âge de 12 ans je souffre d'insomnie chronique. Par période souvent longues de 15 jours à 2 mois, il m'arrive de ne dormir que 3 ou 4 heures par nuit. C'est absolument horrible, car il m'arrive de cogiter même avec des somnifères. Et si mes pensées ne me réveillent pas, ce sont les douleurs qui le font, et après, mes pensées me maintiennent éveillée. RAAAAAAAH. Mais bon, hein... je me conseille les même techniques que celles que je t'ai conseillées. Parfois...ça marche un peu...
:fou:
"Fear me. I've killed hundreds of Time Lords.
- "Fear me. I've killed all of them"


"Et finalement dans le langage il ne manque pas de genre. Il y en a juste 2 de trop."
~Eleventh
Avatar du membre
Ascagne
Biblioman
Messages : 4908
Enregistré le : 10 années plus tôt
Orientation sexuelle : Bisexuel
Localisation : Paris
Âge : 32
Contact :

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar Ascagne » 4 années plus tôt

(HS complet : la dame sur la photo postée par Piero stardust, ça n'est pas Héra... ça ne serait pas plutôt Olympias jouée par Angélina Jolie dans Alexandre d'Oliver Stone ?)
Mon beau-frère Silvius tient le Biplan, un blog sur la bisexualité (actualités, militantisme, réflexions de fond). Passez donc voir, si le coeur vous en dit :
https://lebiplan.wordpress.com/
Avatar du membre
Pierro stardust
Bikini
Bikini
Messages : 924
Enregistré le : 4 années plus tôt
Orientation sexuelle : New-Bi
Localisation : picardie/normandie
Âge : 34

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar Pierro stardust » 4 années plus tôt

Ah, je sais pas si c'est Olympias, mais j'ai trouvé la photo...très évocatrice
(D'ailleurs, la version non-censurée du film d'Oliver Stone est assez évocatrice, elle aussi :lol: )
"On devrait traiter les affaires légères avec le plus grand sérieux, et les affaires sérieuses avec la plus grande légèreté."
Nabeshima Naoshige
Avatar du membre
Les Yeux Noirs
Biscuit
Biscuit
Messages : 2436
Enregistré le : 7 années plus tôt
Orientation sexuelle : Bi
Âge : 36

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar Les Yeux Noirs » 4 années plus tôt

LudmiA a écrit :Nononononon, je ne dis pas que le manque d'intelligence prévient de ce genre de comportement : je dis que les personnes un peu trop "intelligentes" - disons plutôt "douées" - ont, à l'inverse, du mal à ne pas cogiter tout le temps. Tu vois la nuance?
Je vois... mais je ne suis toujours pas d'accord. Pour moi, c'est plus une question de personnalité qu'une question d'intelligence. Déjà parce que, je le répète, j'ai un peu de mal avec la notion d'intelligence. On parle de logique ? De don pour les maths ? D'intelligence émotionnelle ? Bref, étant d'un naturel optimiste, je me dis que tout le monde est intelligent à sa manière, dans un domaine ou dans un autre... Enfin peut-être pas tout le monde, mais presque :cheesy: En fait, ces histoires de cogitation, c'est pour moi plus une question de personnalité que de QI. Quelqu'un qui manque de confiance en soi ou qui est suffisamment humble pour savoir se remettre en question se prendra certainement plus la tête qu'une personne sûre d'elle et de ses choix. Typiquement, je pense que si je réfléchis beaucoup, ce n'est pas parce que je suis très intelligente mais parce que je manque d'assurance...

LudmiA a écrit :Soit il y parviendrait dans le meilleur des cas, soit non, et auquel cas je te parie qu'il ressentirait un profond malaise, qu'il ne se sentirait pas à sa place, pas qualifié, plein de doutes... J'ai des exemples comme ça autour de moi d'ailleurs.
A l'inverse, on nous prend le chou à nous persuader que toutes les femmes sont sensibles et douées en scrapbooking, comme si elles naissaient avec une conception innée de l'art, la douceur, l'altruisme, le lien social, la maternité - d'où toute une partie des professions françaises dites féminines - ce qui fait qu'on serait plus tolérant face à leur bavardage intellectuel et leur petits tracas philosophiques du quotidien.

Je suis d'accord... mais j'ai l'impression que du coup, les choses se passent dans l'autre sens. Quand on a le choix, on va plutôt choisir un métier en accord avecc sa personnalité et ses aspirations profondes. Et si la capacité à se torturer l'esprit rend incompatible avec un métier donné, on va essayer d'éviter cette profession... Et si on ne peut pas l'éviter, ça fait une raison de plus de se prendre la tête. Au final, c'est cet aspect de soi qui peut influencer la profession que l'on va exercer plutôt que le métier qui va infléchir la façon d'être et de penser de quelqu'un.

Euh... j'espère que je suis claire là :frown:

LudmiA a écrit :le sport en général [...] ps : je cogite tellement, touuuuuuuuuut le teeeeeeeeeemps, que, ajouté à mes soucis de santé, depuis l'âge de 12 ans je souffre d'insomnie chronique. Par période souvent longues de 15 jours à 2 mois, il m'arrive de ne dormir que 3 ou 4 heures par nuit. C'est absolument horrible, car il m'arrive de cogiter même avec des somnifères. Et si mes pensées ne me réveillent pas, ce sont les douleurs qui le font, et après, mes pensées me maintiennent éveillée.
Le quoi ? Le s... sport ? :shock: C'est contraire à mes principes ça !! On peut le remplacer par l'apéro ? :mrgreen:

Plus sérieusement, concernant les insomnies, je vois tout à fait. Je ne suis pas réveillée par des douleurs et je dors un peu plus de 3-4h par nuit mais je suis quand même très souvent fatiguée parce que je suis incapable de m'endormir ou de me rendormir rapidement à cause de toutes ces questions qui tournicotent dans ma tête. D'où mes envies de faire cesser tout ça !!
Avatar du membre
lynn
Bidule
Bidule
Messages : 57
Enregistré le : 4 années plus tôt
Orientation sexuelle : bi
Âge : 36

Re: La prise de tête, une spécialité féminine ?

Messagepar lynn » 4 années plus tôt

je prendrais le temps de lire l'intégralité des réponses mais je réponds au post initial.
Pour moi de façon générale oui les femmes réfléchissent beaucoup plus,les mecs se prennent souvent moins la tête mais c'est pas toujours pour le mieux.

Retourner vers « Discussions libres »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 5 invités