Forte, mais fatiguée

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Frida
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Forte, mais fatiguée

Message par Frida » il y a 6 mois

Bonjour,

Je crois que j'ai besoin d'un peu de soutien. Il y a un peu moins d'un an, j'ai rencontré un homme alors que j'étais à l'étranger ; je n'ai pas flashé sur lui tout de suite, notamment parce que j'étais déjà dans une relation tumultueuse avec un autre homme, mais lui m'a très vite fait comprendre que je lui plaisais. Nous sommes devenus amis, et avons eu des discussions de plus en plus profondes, pour finalement nous rendre compte que nous étions comme des âmes sœurs. Puis, ma relation tumultueuse se terminant, je me suis rendu compte que je le désirais. Nous avons eu une expérience sexuelle incroyable avant que je rentre chez moi, et, nous rendant compte que nous étions très amoureux l'un de l'autre, nous avons décidé de maintenir une relation à distance. Très vite, je lui ai fait part de mes doutes concernant ma sexualité, alors nous avons décidé d'ouvrir notre relation afin d'expérimenter ce que nous voulions chacun de notre côté. En même temps, je n'ai jamais connu quelqu'un d'aussi ouvert, d'aussi calme, et ma confiance en lui est inébranlable. Nous avons les mêmes centres d'intérêt, nous sommes émerveillés d'assister chaque jour à nos développements respectifs, et la communication est extraordinaire. Je me sentais enfin apaisée, dans une relation stable et aimante après tout un tas de déboires avec d'autres hommes par le passé. Nous nous sommes revus, le sexe a encore une fois été extraordinaire, parfois moins extraordinaire mais toujours très plaisant, et toujours axé sur la communication.

Sauf que voilà : depuis quelques années, la plupart de mes fantasmes sont des fantasmes lesbiens, dans le sens où il me semble plus naturel de fantasmer sur des femmes que des hommes, comme si le corps féminin m'attirait plus. Je sais que je suis fortement attirée par des hommes et fantasme sur des hommes et désire des hommes, mais le plus souvent ce sont des hommes en particulier, que j'ai rencontrés et que je trouve charmants. Je sais que les fantasmes lesbiens ne veulent pas toujours dire grand-chose si ce n'est une certaine curiosité, mais à chaque fois que je suis dans une relation ça me rattrape et me pousse dans des questionnements interminables. Jusqu'à présent, ces fantasmes lesbiens sont restés très abstraits, sur des femmes hypothétiques. Mais récemment, j'ai travaillé là-dessus et me suis rendu compte que je ressens beaucoup plus de curiosité qu'avant lorsque je rencontre des femmes, peut-être pas une attirance, mais une sorte d'excitation, une incitation à explorer. Un peu comme si le fait d'accepter le paradoxe je-craque-régulièrement-sur-des-hommes-mais-je-fantasme-principalement-sur-des-femmes avait commencé à libérer quelque-chose.

C'est positif, mais je dois avouer que ça me terrifie. L'inconnu me terrifie. Je compte expérimenter avec une femme, mais j'ai peur que ça bouleverse totalement ma relation avec mon âme-sœur. Je me questionne sur mon orientation depuis des années et j'ai peur que toutes ces années me reviennent en pleine poire, peur de tout devoir remettre en question, peur de ne plus ressentir de désir pour mon partenaire. J'ai peur d'accéder à une partie de moi qui me fasse connaître une crise existentielle, sachant que je suis déjà fragilisée par une dépression chronique, beaucoup d'anxiété et des tendances obsessionnelles (ce qui ne m'a pas aidé à aborder mes questionnements de manière sereine). En bref, j'ai peur de me découvrir une grosse préférence pour les femmes, ce qui n'est pas un problème en soi, mais me fait craindre de perdre mon partenaire que j'aime profondément. Notre relation est si forte et solide, mais ce n'est pas comme si nous étions mariés depuis dix ans. En un sens, j'aurais aimé le rencontrer plus tard, après avoir apaisé toutes ces tempêtes, tous ces questionnements. Je lui ai parlé de mes craintes récemment et il a été si calme, m'a dit que si un jour je souhaitais faire un break pour faire la paix dans mon esprit je le pouvais, et que si je découvrais que j'avais besoin de vivre ma vie sans lui, il l'accepterait. Cela m'a apaisée et j'essaie d'accepter la situation, le gouffre de l'inconnu, mais ça me donne le vertige. Depuis que je suis enfant je me tellement battue contre l'anxiété, contre les baisses d'humeur, et ce quasiment toute seule, car j'avais des parents qui ne comprenaient pas et des périodes où je n'avais même pas d'amis. Et maintenant que je peux nouer des relations profondes et belles, j'ai l'impression que la vie essaye constamment de me les arracher. Je suis forte, mais fatiguée.

Merci de votre écoute.

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TiProust
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Re: Forte, mais fatiguée

Message par TiProust » il y a 6 mois

bonjour Frida, et bienvenue :)

tu as une rubrique "présentation" où tu peux donner quelques brefs éléments te concernant, même si ton message donne pas mal d'indications. n'hésite pas à y faire un tour.

Pour essayer de répondre en partie à quelques-une de tes questions :
Je me questionne sur mon orientation depuis des années et j'ai peur que toutes ces années me reviennent en pleine poire, peur de tout devoir remettre en question, peur de ne plus ressentir de désir pour mon partenaire. J'ai peur d'accéder à une partie de moi qui me fasse connaître une crise existentielle, sachant que je suis déjà fragilisée par une dépression chronique, beaucoup d'anxiété et des tendances obsessionnelles (ce qui ne m'a pas aidé à aborder mes questionnements de manière sereine).
déjà, sache que ce sentiment de peur et d'angoisse n'est pas inhabituel. Beaucoup de celles et ceux qui viennent sur ce forum l'ont connu, ou le connaissent encore. Et pour ce qui est de la coexistence entre ce questionnement (attirance sexuelle pour l'autre sexe, bisexualité...) et la dépression, nous sommes également habitués à l'évoquer, car elle touche aussi certains d'entre nous.

Comme tu le retraces dans ton histoire, il y a, derrière la découverte de ces désirs, la peur de perdre : l'être aimé, sa place dans un couple ou une famille, son environnement social etc... Angoisse essentielle car renvoyant à ce qui nous définit (peut-être trop, d'ailleurs mais c'est un autre débat).

Pourtant, tu dis aussi vivre une belle histoire avec un homme qui n'exprime pas de rejet ou d'hostilité par rapport à cet aspect de ta personnalité. C'est déjà un point très fort.

Personne ne peut te donner de solution pour faire disparaître cette peur, mais d'une certaine manière, il vaut mieux à mon avis que tu te poses cette question maintenant que plus tard. Le temps n'est pas toujours un allié, car quand on tarde trop à affronter sa peur, elle peut vous dévorer.
depuis quelques années, la plupart de mes fantasmes sont des fantasmes lesbiens, dans le sens où il me semble plus naturel de fantasmer sur des femmes que des hommes, comme si le corps féminin m'attirait plus.
quand tu utilises le terme de fantasme lesbien, cela veut-il dire pour toi que, pour le moment, c'est plus un désir très charnel qui te pousserait vers une femme qu'un désir d'attachement sentimental/amoureux plutôt éprouvé pour des hommes?

Si c'est le cas, là encore, tu trouveras sur le forum pas mal de témoignages de femmes bi qui ont trouvé leur équilibre de cette manière. Oui, on peut éprouver du plaisir, différent ou complémentaire avec un partenaire du même sexe, parfois sans ressentir ou rechercher d'attachement. Je mets de côté la question de la fidélité qui est un sujet à débat, ici ou ailleurs.

Tu indiques être assez jeune. En tant que "vieux" je voudrais te dire que c'est un atout considérable dans ta situation, parce qu'il vaut mieux se questionner jeune, plutôt que de nier ses questions (j'en parle d'autant plus avec conviction que j'ai fait cette erreur :( ).

Un conseil, si je puis me permettre : la dépression est une terrible affection. Elle peut avoir tendance à se nourrir avidement de nos difficultés par rapport à l'orientation sexuelle, en tout cas n'hésite pas à te faire aider pour avancer.

En tout cas, tu auras certainement d'autres réponses que la mienne, et, espérons-le, un petit peu de clarté sur ta route.

Frida
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Re: Forte, mais fatiguée

Message par Frida » il y a 6 mois

Bonjour TiProust,

Merci beaucoup pour ta réponse bienveillante. Je vais faire un tour dans la rubrique "Présentation", alors, et rebondir sur quelques-uns de tes points.
Comme tu le retraces dans ton histoire, il y a, derrière la découverte de ces désirs, la peur de perdre : l'être aimé, sa place dans un couple ou une famille, son environnement social etc... Angoisse essentielle car renvoyant à ce qui nous définit (peut-être trop, d'ailleurs mais c'est un autre débat).
Oui, il y a la peur de perdre bien sûr, et en en parlant avec mon chéri, nous sommes tous deux parvenus à la même conclusion : pour dépasser cette peur, il faut l'accepter, et accepter qu'elle puisse être fondée. C'est difficile, mais c'est ce sur quoi j'essaye de travailler en ce moment. Et bien sûr, c'est très lié à cette histoire de définition, et je trouve pertinent que tu le fasses remarquer ; je n'ai pas une vision essentialiste de la sexualité, je pense qu'homo, bi, hétéro, ce sont avant tout des manières de nous définir par rapport à des exigences sociétales, et des modèles traditionnels de relation aussi. A en croire ces derniers il faudrait être en couple exclusif avec une personne qui nous corresponde sur tous les plans de manière optimale. Dans le fond, je pense que tous les modèles de relations sont possibles et que la sexualité d'un ou d'une telle ne devrait pas être beaucoup plus limitante que, disons, un goût pour la lecture ou l'habitude de se lever plus tôt que son partenaire le matin. Mais peu de personnes pensent ainsi et j'ai du mal à me défaire des discours sociétaux : j'ai conscience du fait que je devrais vivre ce que j'ai à vivre au lieu d'essayer de me définir, mais j'en reviens toujours à cette tentation de me définir (et donc à la peur) parce que j'ai l'impression que la société l'exige. Conformiste par réflexe, et non par choix. Et cela crée de sacrées dissonances cognitives.
quand tu utilises le terme de fantasme lesbien, cela veut-il dire pour toi que, pour le moment, c'est plus un désir très charnel qui te pousserait vers une femme qu'un désir d'attachement sentimental/amoureux plutôt éprouvé pour des hommes?
Pour le moment, oui, mais c'est un peu plus compliqué que ça. D'une part, je peux éprouver un désir très charnel pour un homme, mais souvent ce désir est dépendant d'un contexte : la phase de séduction, l'amour, l'excitation d'une discussion passionnée, l'échange d'affection. Ce sont ces contextes qui, en étant présents, m'émoustillent et font ressortir les caractères proprement sexuels de l'homme en question. Seulement, en-dehors de ces contextes, j'ai du mal à ressentir un désir spontané et c'est assez troublant, comme si le corps de l'homme m'était étranger. J'ai lu que chez beaucoup de femmes, le désir peut être seulement "responsif" (il nécessite une forme de stimulation plus intense que la simple vue d'un corps nu pour naître), ou bien un mélange de responsif et de spontané en fonction du contexte. J'ai l'impression que mon désir pour les hommes correspond à ce dernier cas, mais, à cause de la valorisation par la société du désir purement spontané (parce que c'est la forme de désir que ressentent la majorité des hommes et que nous vivons dans une société patriarcale), j'ai peur qu'il soit plus fragile, plus volatile en un sens.

En ce qui concerne les femmes, j'ai l'impression que ces fantasmes sont moins dépendants du contexte (donc plus spontanés), un peu comme si je disais "je suis émoustillée par la simple vue d'un sein, sans distinction". Pour le côté sentimental/amoureux, j'ai un peu travaillé là-dessus (pas beaucoup), et c'est très théorique. Il y a quelques mois, afin d'apprivoiser la peur de la "pulsion sexuelle incontrôlable", j'ai essayé de me demander quel genre de femme me plairait, en tant que personne. Tout ce que j'ai pu trouver, c'est que je pourrais éventuellement développer des liens sentimentaux avec une femme plus âgée et assez intellectuelle. C'est sans doute mon désir de stabilité, et la peur de me retrouver à vivre une seconde adolescence avec des relations tumultueuses et qui font très mal (comme je l'ai indiqué, je suis fatiguée). Donc, en somme, c'est sans doute une projection de ma part, et de toute façon on tombe amoureux de qui on tombe amoureux.

De manière générale, j'ai l'impression de pouvoir être sexuellement attirée par une personne peu importe le genre, puisqu'une simple discussion intellectuelle peut déclencher un désir sexuel chez moi. A l'époque, un ami m'avait dit que j'étais sapiophile et, même si je ne ressens absolument pas le besoin de me définir comme telle, ça m'a fait sourire, je comprends ce qu'il veut dire. Mais c'est très hypothétique tout ça, et fluide, aussi. Aussi, je comprends que les bis ne sont pas tous bis de la même façon, mais je me rends compte que j'aurais du mal à me définir comme bi dans l'éventualité où je découvrais que je suis attirée par presque toutes les femmes, et seulement par quelques hommes, dans un certain contexte. J'ai l'impression que je serais alors "forcée" de me dire lesbienne. Mais ce n'est pas très important.

Un conseil, si je puis me permettre : la dépression est une terrible affection. Elle peut avoir tendance à se nourrir avidement de nos difficultés par rapport à l'orientation sexuelle, en tout cas n'hésite pas à te faire aider pour avancer.
Je le sais... Je suis suivie par un psychiatre, mais je trouve ce suivi un peu léger. Je n'ai jamais eu de super expérience thérapeutique jusque-là, et j'espère trouver mieux à la rentrée.

Je te remercie en tout cas. Passe une bonne soirée !

Pablobi
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Re: Forte, mais fatiguée

Message par Pablobi » il y a 6 mois

C'est compliqué d'apprivoiser ces désirs. Ils sont fluides, je pense que si on cherche à l'inscrire dans une sorte de taxonomie, lui.donner une étiquette, c'est justement pour répondre à cette contrainte sociétale, ça le rend (plus) compréhensible.

Je ne sais pas si il n'y a pas cette forme de magie dans la séduction, qui peut être inattendue. Après, je ne ressens pas de pulsions incontrôlables, alors cette question ne me taraude pas.

Courage. 🙂

Frida
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Re: Forte, mais fatiguée

Message par Frida » il y a 6 mois

Pablobi a écrit :
il y a 6 mois
C'est compliqué d'apprivoiser ces désirs. Ils sont fluides, je pense que si on cherche à l'inscrire dans une sorte de taxonomie, lui.donner une étiquette, c'est justement pour répondre à cette contrainte sociétale, ça le rend (plus) compréhensible.

Je ne sais pas si il n'y a pas cette forme de magie dans la séduction, qui peut être inattendue. Après, je ne ressens pas de pulsions incontrôlables, alors cette question ne me taraude pas.

Courage. 🙂
Merci Pablobi. Je suis d'accord avec toi, j'adore l'inattendu. Je ne veux pas m'empêcher d'être séduite, d'avoir une petite histoire d'un soir ou même faire un bout de chemin avec quelqu'un juste pour une histoire d'étiquette. Mais, paradoxalement, l'inattendu me fait peur aussi, du moins quand je suis en couple. Je n'ai pas de pulsion incontrôlable, en tout cas pas pour l'instant ; mais j'ai ce besoin maladif de tout analyser, de tout optimiser, de prévoir la catastrophe et les blessures.

En tout cas, lire les posts de ce forum et les expériences de chacun et de chacune m'a fait comprendre certaines choses. Je crois que je dois vraiment faire le deuil de mon idée du couple idéal où deux êtres faits l'un pour l'autre se suffisent à eux-mêmes et ne rencontrent pas d'obstacle. Je le sais, pourtant, mais certaines choses sont enracinées si profondément... Quand je ne suis pas en couple j'embrasse totalement l'ambiguïté de mes désirs et rien ne m'arrête ; mais quand je suis avec quelqu'un, que la relation soit exclusive ou non, la peur de perdre l'être aimé me consume totalement et m'incite à tout analyser, et à considérer mon ambiguïté comme anormale. Mais justement, je peux voir sur ce forum que je ne suis pas anormale, et pas seule. Cela fait du bien parfois. 🙂

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Re: Forte, mais fatiguée

Message par Pablobi » il y a 6 mois

C'est vrai que c'est important de se soutenir entre nous, nous qui comprenons comment on fonctionne, à la différence des autres, partenaires et conjoin-te-s en premier lieu.
En tous cas, ce forum m'a permis de traverser une période importante.

Après, on se retrouve un peu comme des pionniers, plus que comme des "anormaux" dans nos couples, dans cette société. Je préfère voir les choses comme ça. Et puis après tout, il n'y a pas que des défauts à être bi.

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Re: Forte, mais fatiguée

Message par Marjotte » il y a 6 mois

Bonsoir Frida,

Je comprends toutes tes angoisses, questions et hésitations. Ce que je pourrais te dire c’est qu’il vaut mieux une réponse, même dérangeante, que des milliers de questions. Tu sembles être en relation avec un homme compréhensif et qui accepte que tu cherches tes réponses, je pense que tu devrais saisir l’occasion. Je comprends que tu a peur que ce que tu découvre mette ton histoire en danger. Mais si tes sentiments pour lui sont là pour durer, alors ils ne disparaitrons pas et vous pourrez toujours chercher des solutions ensembles.
A contrario, si tu reste avec toutes tes questions, elles pourraient finir par te ronger et affecter ta relation.
Je pense qu’au mieux tu seras avec toi-même, au mieux tu sera dans ta relation (bon ça fait cliché mais c’est assez vrai :wink: )

Sans dire que tout sera réglé quand tu auras tes réponses, je sais que pour ma part j’ai réalisé après coup qu’une partie de mes difficultés (angoisse, dépression etc) venaient de ce dénie d’une partie de mon identité.
Et à chaque étape d’acceptation de ma bisexualité, je me sens plus en paix avec moi même et dans mon couple (même si ça remue bien des choses parfois)

En tout cas tu n’es pas seule ça c’est sur :)

Pablobi a écrit :
il y a 6 mois

Après, on se retrouve un peu comme des pionniers, plus que comme des "anormaux" dans nos couples, dans cette société. Je préfère voir les choses comme ça. Et puis après tout, il n'y a pas que des défauts à être bi.
Je n’aurais pas mieux dit :trinque:
Just because I’m Bi doesn’t mean you’re attractive. But maybe you are 😜
~
Parfois on crie les choses non pas pour que les autres les entendent, mais parce qu’on les a tu trop longtemps

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Re: Forte, mais fatiguée

Message par Frida » il y a 6 mois

Bonjour Marjotte,

Merci pour ta réponse !
Je pense qu’au mieux tu seras avec toi-même, au mieux tu sera dans ta relation (bon ça fait cliché mais c’est assez vrai :wink: )
Je pense que tu as tout à fait raison, et c'est ce que j'ai fini par me dire ces derniers temps. Mes angoisses, elles viennent aussi du fait que je connais peu d'expériences similaires à ce que je vis, et que l'orientation sexuelle est généralement présentée de manière bien plus simple que ce qu'elle n'est réellement. J'ai cru, comme beaucoup d'autres, que c'était assez simple de se trouver une étiquette, et qu'après coup, il suffisait de passer sa vie avec un.e conjoint.e qu'on aime beaucoup et dont le genre correspond à notre orientation. J'ai cru aussi qu'être bi n'était pas censé déclencher tant de questionnements, parce que dans mon esprit être bi c'était juste être homo+hétéro, donc en fin de compte la seule différence avec les autres orientations c'est que "tu as le choix". Donc cette ambiguïté, elle est assez dérangeante pour moi, et particulièrement parce que je suis sortie avec des hommes très "hétéro" qui eux ne ressentaient pas le besoin de questionner leur sexualité. D'où le sentiment de ne pas être "légitime" dans la relation, parce que pas assez hétéro. Et pourtant, j'ai l'impression d'avoir des relations sexuelles de plus en plus satisfaisantes avec les hommes, sans doute parce que j'ai plus d'expérience maintenant.
Tu sembles être en relation avec un homme compréhensif et qui accepte que tu cherches tes réponses, je pense que tu devrais saisir l’occasion. Je comprends que tu a peur que ce que tu découvre mette ton histoire en danger. Mais si tes sentiments pour lui sont là pour durer, alors ils ne disparaitrons pas et vous pourrez toujours chercher des solutions ensembles.
A contrario, si tu reste avec toutes tes questions, elles pourraient finir par te ronger et affecter ta relation.
Oui, mes questions ont réellement affecté mes relations passées, en tout cas, surtout à la fin de l'adolescence où je ne comprenais strictement rien à ce qui m'arrivait. J'étais en relation avec un homme et, quand j'étais anxieuse, mes angoisses perturbaient tellement nos rapports que je lui avais demandé si nous pouvions ouvrir la relation afin que je puisse expérimenter. A ce moment-là, j'étais persuadée que j'allais rencontrer une fille et connaître "ma" vérité. Sauf que je me suis soudainement sentie attirée par un autre homme, et mon désir pour ce dernier était tellement fort que je ne voyais plus que lui. J'ai laissé tomber l'expérimentation lesbienne, car je n'en ressentais plus du tout le besoin à ce moment-là. En parallèle, ma relation s'est poursuivie et, malgré les mauvais moments provoqués par ces angoisses, je reste persuadée aujourd'hui que c'était une très belle relation, qui aurait pu durer plus longtemps si je n'avais pas été aussi désorientée. J'ai beaucoup appris de cette expérience et cela m'apporte plus de confiance quant à ma relation présente, que je sais très solide, et alimentée par des sentiments profonds des deux côtés.
Sans dire que tout sera réglé quand tu auras tes réponses, je sais que pour ma part j’ai réalisé après coup qu’une partie de mes difficultés (angoisse, dépression etc) venaient de ce dénie d’une partie de mon identité.
Et à chaque étape d’acceptation de ma bisexualité, je me sens plus en paix avec moi même et dans mon couple (même si ça remue bien des choses parfois)

En tout cas tu n’es pas seule ça c’est sur :)
J'ai lu tes posts et en effet j'ai pu retrouver toute la complexité qui fait que nos parcours sont bien moins clairs et évidents que la société voudrait qu'ils soient. Bravo pour ton long cheminement et tes découvertes, j'espère que tu trouveras de plus en plus de paix et que les remous dont tu parles continueront de s'atténuer.

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Re: Forte, mais fatiguée

Message par Marjotte » il y a 6 mois

Frida a écrit :
il y a 6 mois
Je pense que tu as tout à fait raison, et c'est ce que j'ai fini par me dire ces derniers temps. Mes angoisses, elles viennent aussi du fait que je connais peu d'expériences similaires à ce que je vis, et que l'orientation sexuelle est généralement présentée de manière bien plus simple que ce qu'elle n'est réellement. J'ai cru, comme beaucoup d'autres, que c'était assez simple de se trouver une étiquette, et qu'après coup, il suffisait de passer sa vie avec un.e conjoint.e qu'on aime beaucoup et dont le genre correspond à notre orientation. J'ai cru aussi qu'être bi n'était pas censé déclencher tant de questionnements, parce que dans mon esprit être bi c'était juste être homo+hétéro, donc en fin de compte la seule différence avec les autres orientations c'est que "tu as le choix". Donc cette ambiguïté, elle est assez dérangeante pour moi, et particulièrement parce que je suis sortie avec des hommes très "hétéro" qui eux ne ressentaient pas le besoin de questionner leur sexualité. D'où le sentiment de ne pas être "légitime" dans la relation, parce que pas assez hétéro. Et pourtant, j'ai l'impression d'avoir des relations sexuelles de plus en plus satisfaisantes avec les hommes, sans doute parce que j'ai plus d'expérience maintenant.
J'ai cru moi aussi au début que ça serait si simple. Mais je crois qu'une fois passé le "choc" de comprendre que c'est bien plus nuancé et compliqué, il nous reste la perspective d'un beau travail sur nous qui nous mènera je l'espère à une pleine acceptation de notre complexité et un équilibre dans nos vies
Frida a écrit :
il y a 6 mois
J'ai lu tes posts et en effet j'ai pu retrouver toute la complexité qui fait que nos parcours sont bien moins clairs et évidents que la société voudrait qu'ils soient. Bravo pour ton long cheminement et tes découvertes, j'espère que tu trouveras de plus en plus de paix et que les remous dont tu parles continueront de s'atténuer.
Merci :) Comme le dit souvent Pablobi, le désir est fluctauant et du coup les remous aussi, mais on lâche pas, c'est ce qui compte :)
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Re: Forte, mais fatiguée

Message par Frida » il y a 6 mois

J'ai cru moi aussi au début que ça serait si simple. Mais je crois qu'une fois passé le "choc" de comprendre que c'est bien plus nuancé et compliqué, il nous reste la perspective d'un beau travail sur nous qui nous mènera je l'espère à une pleine acceptation de notre complexité et un équilibre dans nos vies
Exactement :) Merci beaucoup, ça fait du bien de se sentir comprise !

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Re: Forte, mais fatiguée

Message par lahaina » il y a 4 mois

Bonjour Frida,
Je me reconnais un peu dans ta façon d'aborder l’ambiguïté de ta sexualité
Comme tous les anxieux tu as besoin de contrôle, de comprendre pour anticiper et te rassurer.
Pas étonnant que tu sois fatiguée de "décortiquer le pourquoi du comment" de tes envies et fantasmes envers les femmes.
Tu penses être attirée par l'intellect des hommes alors que la vue d'un corps d'homme nu ne t'émoustille pas. Je pense que beaucoup de femmes fonctionnent de la sorte contrairement aux hommes. Est-ce que la vue d'un sein ou corps féminin t'excite dans la vie ou bien seulement des images ou vidéos?
Me concernant, lorsque je vois un homme nu sous la douche des vestiaires de ma salle de sport me laisse de marbre alors que le pénis visionné dans les vidéos m'excite; Il faut dire que le contexte est différent mais tout de même cela m’interrogè

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Re: Forte, mais fatiguée

Message par lahaina » il y a 4 mois

Bonjour Frida,
Je me reconnais un peu dans ta façon d'aborder l’ambiguïté de ta sexualité
Comme tous les anxieux tu as besoin de contrôle, de comprendre pour anticiper et te rassurer.
Pas étonnant que tu sois fatiguée de "décortiquer le pourquoi du comment" de tes envies et fantasmes envers les femmes.
Tu penses être attirée par l'intellect des hommes alors que la vue d'un corps d'homme nu ne t'émoustille pas. Je pense que beaucoup de femmes fonctionnent de la sorte contrairement aux hommes. Est-ce que la vue d'un sein ou corps féminin t'excite dans la vie ou bien seulement sur des images ou vidéos?
Me concernant, la vue d'un homme nu sous la douche des vestiaires de ma salle de sport me laisse de marbre alors que le pénis visionné dans les vidéos m'excite, Il faut dire que le contexte est différent mais tout de même cela m’interroge.
Je n'ai pas peur de devenir bisexuel ou même gay mais j'ai besoin d'être sûr car les changements que cela implique sont énormes.
Je suis anxieux , l'inconnu d'une" nouvelle vie " d'un nouveau" statut" me fait peur. Je n'ai pas envie d'affronter cela car je me sens fragile.
Par le passé, j'ai longtemps été balloté par mes états d'âmes . Cela m'a conduit à affronter trois dépressions dont une assez grave.
Je suis peiné de constater que tu souffres de ce mal. Je pense également que tu as des armes intellectuelles pour l'affronter.

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Re: Forte, mais fatiguée

Message par Yukka » il y a 3 semaines

Bonjour Frida,

Ton histoire ressemble en plusieurs points à la mienne lorsque j'avais aussi 22 ans! Lorsque je le pourrai, je prendrai le temps de réagir à tes posts :-).

Où en es-tu aujourd'hui de tes questionnements et réflexions?

Reste zen, tu es encore si jeune et tu as toute la vie devant toi pour expérimenter ! (Surtout que ton homme est vraiment ouvert et compréhensif !).

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Re: Forte, mais fatiguée

Message par Frida » il y a 2 semaines

Yukka a écrit :
il y a 3 semaines
Bonjour Frida,

Ton histoire ressemble en plusieurs points à la mienne lorsque j'avais aussi 22 ans! Lorsque je le pourrai, je prendrai le temps de réagir à tes posts :-).

Où en es-tu aujourd'hui de tes questionnements et réflexions?

Reste zen, tu es encore si jeune et tu as toute la vie devant toi pour expérimenter ! (Surtout que ton homme est vraiment ouvert et compréhensif !).
Bonjour Yukka, merci pour ton message ! Je passais par là par hasard, donc je vais en profiter pour te répondre.

Je ne dirais pas que j'ai énormément avancé dans mes questionnements et réflexions. Je vis tout ça comme une énigme, parfois comme un malaise. Il y a quelques semaines, je me suis inscrite sur un site de rencontres LGBT+ pour, je ne sais pas, faire quelque-chose, un pas en avant. J'ai échangé avec une jeune femme intéressante, et nous sommes toujours en contact. Sauf que je ne me vois pas aller beaucoup plus loin que quelque-chose d'amical avec elle, je ne ressens pas grand-chose, même si elle a un peu piqué ma curiosité à certains moments. En plus, j'ai pu un peu me relaxer pendant les vacances et cela m'a beaucoup rapprochée de mon copain, donc je n'ai pas ressenti le besoin d'autre chose. Là par contre je bosse comme une malade pour l'université, donc tout est flou, et ma sexualité n'est pas au top :twisted: Il y a quelques jours/semaines je me disais que les femmes ne m'attiraient finalement pas tant que ça ; il est vrai qu'il y a plusieurs années, j'avais des fantasmes lesbiens qui me venaient plus facilement qu'aujourd'hui... Est-ce que j'ai épuisé le côté "subversif" ? Est-ce que je n'ai juste pas envie d'y penser ? Fluctuations ? Difficile de savoir...

Je crois qu'en fin de compte, le plus difficile pour moi en ce moment est d'évoluer dans une société (et génération) qui revendique la sexualité et l'affirmation de son identité, là où moi je patauge dans la semoule sur ce plan-là... Je le vivrai beaucoup mieux quand tout sera clair, sans doute. Si un jour tout est clair. Pour l'instant, j'essaye d'aller à mon rythme.

Au plaisir de te lire, si jamais tu repasses par ici ! :wink:

Yukka
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Re: Forte, mais fatiguée

Message par Yukka » il y a 1 semaine

Frida a écrit :
il y a 2 semaines
Je passais par là par hasard, donc je vais en profiter pour te répondre.
Oh... Merci ! :dmb:
Frida a écrit :
il y a 2 semaines
Je ne dirais pas que j'ai énormément avancé dans mes questionnements et réflexions. Je vis tout ça comme une énigme, parfois comme un malaise.
Pour moi aussi c'est assez mystérieux. Parfois normal, parfois gênant... A certaines périodes j'oublie totalement, pendant des mois voire des années... Et parfois c'est presque une obsession quotidienne...
Frida a écrit :
il y a 2 semaines
Il y a quelques semaines, je me suis inscrite sur un site de rencontres LGBT+ pour, je ne sais pas, faire quelque-chose, un pas en avant.
Très bien! Tu vas pouvoir échanger plus concrètement sur le sujet. Perso, ma prochaine étape souhaitée est aussi de participer à des rencontres LB. J'ai cherché où, quand, quoi, mais pas encore sauté le pas (la situation sanitaire n'aide pas et je suis fort occupée par ailleurs...).
Frida a écrit :
il y a 2 semaines
J'ai échangé avec une jeune femme intéressante, et nous sommes toujours en contact. Sauf que je ne me vois pas aller beaucoup plus loin que quelque-chose d'amical avec elle, je ne ressens pas grand-chose, même si elle a un peu piqué ma curiosité à certains moments.
J'ai vécu exactement la même chose lorsque j'avais découvert la première fois mon attirance pour une femme. Je m'étais inscrite pendant quelques semaines sur un site de rencontres, mais à part discuter, je n'avais pas eu envie d'aller plus loin.
Ceci dit, cela m'avait aidée à mettre des mots sur ce que je ressentais, à le verbaliser par écrit et à haute voix. Cela avait contribué à rendre mes attirances plus "normales" et donc plus acceptables...
Frida a écrit :
il y a 2 semaines
En plus, j'ai pu un peu me relaxer pendant les vacances et cela m'a beaucoup rapprochée de mon copain, donc je n'ai pas ressenti le besoin d'autre chose.
Frida a écrit :
il y a 2 semaines
Il y a quelques jours/semaines je me disais que les femmes ne m'attiraient finalement pas tant que ça ; il est vrai qu'il y a plusieurs années, j'avais des fantasmes lesbiens qui me venaient plus facilement qu'aujourd'hui... Est-ce que j'ai épuisé le côté "subversif" ? Est-ce que je n'ai juste pas envie d'y penser ? Fluctuations ? Difficile de savoir...
Alors moi, à chaque fois que j'étais en relation avec un homme, je n'ai jamais pensé aux femmes...
Et quand j'étais célibataire, j'avais surtout des fantasmes lesbiens... :frown: Et, maintenant que j'ai découvert le terme "asexuel", je peux affirmer que je l'ai été pendant de nombreuses années... :twisted:
Frida a écrit :
il y a 2 semaines
Je crois qu'en fin de compte, le plus difficile pour moi en ce moment est d'évoluer dans une société (et génération) qui revendique la sexualité et l'affirmation de son identité, là où moi je patauge dans la semoule sur ce plan-là...
J'ai pu voir sur youtube de nombreux témoignages de vie qui montrent quand même que la société évolue vers plus de tolérance sur ces questions. Notre société joue certes sur l'affirmation de soi, mais je pense aussi qu'il n'est pas nécessaire d'étaler sa sexualité au grand jour. Ça reste quelque chose de privé et sans vouloir se cacher, on n'est pas non plus obligé de le crier sur tous les toits. J'aime assez le joker qui consiste à dire qu'on s'intéresse à la personne avant de s'intéresser à son genre...
Frida a écrit :
il y a 2 semaines
Je le vivrai beaucoup mieux quand tout sera clair, sans doute. Si un jour tout est clair
Lorsque j'avais 20-25 ans, j'étais dans un tourbillon de questionnements existentiels... J'essayais de savoir si j'aimais cette femme ou les femmes. Si j'étais lesbienne ou hétéro. Si c'était une passade ou définitif...
Bref... Ça s'est calmé quand j'ai eu un copain dont j'étais follement amoureuse... Et quand j'ai découvert ensuite que la bisexualité était une orientation à part entière, avec la capacité de tomber amoureuse/d'être attirée par un homme ou par une femme, pas forcément à part égales, et pas forcément en même temps... là je me suis enfin posée dans ma tête. Finalement, cela m'a beaucoup rassurée et j'ai pu prendre les choses comme elles venaient. Le hasard a fait qu'ensuite j'ai toujours été en couple hétéro et exclusif, sans ressentir de besoin d'être avec une femme.

Avec ce que j'ai pu lire récemment, je découvre aussi ce qu'est la demi-sexualité, et que cela me correspond clairement. [N'est-ce pas mathématiquement aberrant, d'ailleurs, d'être à la fois asexuel, bisexuel et demi-sexuel?... :| :D )

Bref. Dans mon cercles d'amis, j'ai toujours été un peu l'exception qui confirmait la règle, l'originale inclassable qui rentrait à la fois dans plusieurs cases et dans aucune... Mais bon, à part quelques rumeurs qui prétendaient que j'étais lesbienne, qui ont été facilement contredites lorsque j'ai été en couple hétéro, je n'ai pas eu beaucoup de questions ouvertes...

Maintenant que j'approche la quarantaine, c'est plutôt l'ambiance "chacun s'occupe de ses oignons" et dans mon cercle d'amis actuels, pour la plupart nettement plus âgés d'ailleurs, personne ne m'a jamais demandé quoi que ce soit sur ma sexualité - ni moi sur la leur. Tout au plus m'a-t-on demandé si je suis en couple ou célibataire. Certains ne demandent rien et, ne me sachant pas de partenaire officiel, me draguent gentiment...

Il faut dire que je laisse parfois échapper des anecdotes sur mes histoires passées avec des hommes, donc je suppose que personne n'a eu l'idée de remettre en question mon hétérosexualité (postulat de base dans notre société hétéro normative).

Il y a quelques mois, alors que depuis des années je ne pensais plus aux femmes... j'ai subitement ressenti un besoin et une envie profonds :shock: d'explorer ce pan de ma vie, que j'avais complètement laissé de côté.

De mes réflexions des dernières semaines, j'ai conclu que vu mon histoire et ma situation actuelle, jouer la carte de la franchise et répondre ouvertement que je suis bi, si la question m'était posée, ne mettrait pas en péril mes relations (tout au plus cela créerait la surprise... et encore... D'ailleurs, étant notoirement plus souvent célibataire qu'en couple, je n'ai pas peur du préjugé courant selon lequel "les bisexuels seraient des assoiffés de sexe qui draguent tout ce qui bouge"... :vener: :gun: ).

Je n'ai pas encore eu, cependant, l'occasion d'être dans cette situation d'en parler ouvertement. Mais je me surprends à imaginer provoquer ce genre de discussion... Voire à porter un T-shirt bleu-rose-violet prochainement à la salle de sport... Ou pour la journée de la visibilité de la bisexualité... :ange:

Coïncidence intéressante: je me suis réveillée cette nuit en plein milieu d'un rêve moyennement agréable, d'un réalisme troublant, en train de faire mon coming-out bi à ma mère... :shock: je me suis réveillée avant de voir sa réaction... :ouf:

On dirait bien que le sujet me travaille bien plus que ce que je pensais... je n'ai peut-être pas accepté tant que cela, finalement... :|
Frida a écrit :
il y a 2 semaines
Pour l'instant, j'essaye d'aller à mon rythme.
C'est la meilleure chose à faire, en effet!!
Frida a écrit :
il y a 2 semaines
Au plaisir de te lire, si jamais tu repasses par ici !
Idem. N'hésite pas à utiliser le message privé si tu veux discuter de tous ces sujets hors du forum public.
Courage pour la suite!

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