Homoparentalité :« Dites mes papas, c'est quoi une maman ? »

Problématiques de la famille et des enfants : éducation, homoparentalité, procréation, adoption et questions juridiques associées.
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Ascagne
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Homoparentalité :« Dites mes papas, c'est quoi une maman ? »

Messagepar Ascagne » 7 années plus tôt

Rue89 a écrit :A la Une
Homoparentalité : « Dites mes papas, c'est quoi une maman ? »
Par Judith Duportail | Journaliste | 11/06/2011 | 12H39

Selon une étude du CNRS, ces familles avec des pères gays pourraient annoncer « le déclin de la toute-puissance maternelle ».

Tous les parents s'attendent un jour à ce que leur enfant leur demande : « Comment on m'a fait ? D'où je viens ? » Quand les deux parents sont des papas, ça se complique. Deux sociologues du CNRS ont mené l'enquête auprès de plusieurs familles dont les parents sont gays.

L'étude, parue dans le numéro de juin de la revue Enfance, famille et génération est le fruit d'une longue enquête. Les familles créent des scénarios où parentalité biologique et parentalité effective ne sont plus obligatoirement la même chose.

Selon les sociologues, les pères gays font vaciller la conception traditionnelle de l'enfantement qui faisait de la mère le personnage principal de la famille :
« Dans cette nouvelle configuration, la femme n'a pas une place acquise. La place de la femme ou des femmes qui ont participé à l'enfantement se dessine et se définit sous de multiples facettes. Ces situations sont-elles annonciatrices d'un déclin de la toute-puissance maternelle ou de nouveaux scénarios de familles multicomposées ? »
Les sociologues sont parvenus à établir une typologie de ces nouvelles relations à la mère et à la maternité.

► Christophe et Damien : partout, des photos de celle qui a porté leur fils

Cristophe et Damien ont un fils de 3 ans. Le père, c'est Christophe. Damien, c'est Damien. Les deux n'ont pas voulu dire à leur fils qu'il avait deux pères. Ils sont très proches de la gestatrice, de son mari et de leurs enfants. Il y a des photos d'elle partout dans leur appartement. Les sociologues expliquent :
« Ils racontent que la gestatrice est la mère, puisqu'elle lui a donné naissance, mais qu'en même temps ce n'est pas la mère parce qu'elle ne va pas l'élever. Elle lui a donné naissance, elle l'a porté et elle sera toujours là… »

► Marc, une fille de son ami : « Si elle ne veut pas parler de moi… »

Marc n'est pas le père biologique de son enfant mais l'élève avec son compagnon. Il veut que sa fille ait une famille « la plus normale possible » :
« Je veux lui offrir le plus de normalité possible. Je me dis que demain elle va être montrée du doigt à l'école. Si un jour elle se sent en difficulté, elle aura la possibilité de parler de son père et de sa mère. Si elle n'a pas envie de parler de moi, elle est libre de ne pas en parler. »

► Jean, deux enfants par gestation pour autrui : « Une bienfaitrice ! »

Certains couples gays choisissent d'avoir recours à la gestation pour autrui. Elle est illégale en France mais pas aux Etats-Unis.
La GPA est différente de la maternité pour autrui (MPA) car la femme porte un foetus fécondé in vitro qui n'est pas issu d'un de ses ovules. En clair, elle ne fait « qu'héberger » le foetus le temps de la gestation.
Jean a eu ses deux enfant par GPA, par crainte qu'ils ne sentent abandonnés par la femme :
« Les femmes sont plus réticentes à abandonner un enfant qui leur est propre… L'enfant, si la gestatrice et la donneuse sont la même personne, il peut très bien se dire qu'il a été abandonné.
Une femme qui a un enfant et qui ne s'en occupe plus, ça fait un enfant abandonné. Alors qu'une femme qui héberge un bébé le temps qu'il grandisse, c'est une bienfaitrice ! »

► Georges et Franck : « Rester en contact, c'est l'éthique minimale »

Georges et Franck ont témoigné pour Rue89 en novembre. Leur fils est né d'une mère porteuse avec une donneuse tierce. Ils s'interrogent sur quels liens tisser avec ces femmes :
« Dans la chambre de l'enfant, il y a des photos de la mère porteuse et aussi de la donneuse, qui est moins proche, mais a envoyé des photos d'elle bébé.
C'est un lien indéfinissable, mais pour nous l'éthique minimale est de rester en contact avec la mère porteuse. »

► Thierry et Gilles : « Il n'y a pas de mère, pas de maman »

Thierry et Gilles ont eu recours à une gestation pour autrui avec une donneuse différente. Ils ne nient pas leur existence mais estiment qu'une mère est quelqu'un qui s'implique au quotidien dans l'éducation. Ils expliquent aux deux sociologues :
« Il n'y a pas de mère, pas de maman. Parce que sinon ce seraient ses enfants et pas les nôtres et elle voudrait les élever. Je pense qu'il y aura des mots à mettre là-dessus.
J'avais imaginé qu'on pouvait faire une espèce d'album photos, photos et écritures mélangées. Il y aurait des photos de la donneuse, des photos de nous, des photos de la gestatrice… »

► Richard et Edgar : « Le rôle de la mère traditionnelle est réparti »

Richard et Edgar ont des jumeaux. Edgar est le père biologique et Richard le père adoptif, selon la loi californienne. Les jumeaux ont eu une mère porteuse mais deux donneuses différentes. Leur fille est amie avec la donneuse, leur fils ne sait pas qui c'est. Tous les deux sont proches de la mère porteuse. Edgar raconte :
« Le rôle de la mère traditionnelle est réparti entre plusieurs personnes. La donneuse de notre fille accepte de jouer le rôle de mère biologique pour elle et de mère sociale pour les deux enfants. »

Les sociologues nomment ces femmes au rôle nouveau, des « tiers de naissance » :
« Qu'elle soient tout à fait mères, ou pas du tout des mères, elles font partie de l'histoire de l'enfant. Elles sont des “ tiers de naissance ” avec lesquels certains hommes construisent une relation qu'ils envisagent ou non de maintenir au-delà de la grossesse. »

Pour les deux auteurs de l'étude, les couples de parents gays réinventent la famille, comme l'ont fait avant eux les couples recomposés :
« La famille monoparentale, avec les autres familles multicomposées, invite à considérer la dimension plurielle et mouvante des définitions de la famille.
Les parents gays s'inscrivent dans ce mouvement qui tente de définir une place à ces constructions d'enfantement impliquant plus de deux acteurs : le beau-père, le nouveau conjoint de la mère. »


L'article sur Rue89
Mon beau-frère Silvius tient le Biplan, un blog sur la bisexualité (actualités, militantisme, réflexions de fond). Passez donc voir, si le coeur vous en dit :
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Re: Homoparentalité :« Dites mes papas, c'est quoi une maman

Messagepar Zeek » 7 années plus tôt

Vraiment très intéressant comme article merci pour ce link Ascagne

C'est vraiment bien que des sociologue se penchent enfin sur le surjet pour essayer d'endiguer des réflexions archaïque du genre qu'on a entendu ces derniers temps.

Je trouve vraiment approprié de mettre en exergue les point commun entre les parents gay et les couples monoparentaux mais surtout de manière étudié par des "spécialiste".

Le tout à l'air très sérieux j'espère que cela pourra aider a faire bouger les lignes...
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